Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Accentus peut tout se permettre ou presque

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Paris. Salle Pleyel. 31-III-2007. Transcriptions d’œuvres de Antonio Vivaldi (1678-1741), Franz Schubert (1797-1828), Richard Wagner (1813-1883), Gustav Mahler (1860-1911), Alexandre Scriabine (1872-1937), Maurice Ravel (1875-1937) et Serge Prokofiev (1891-1953) par Peter Cornelius (1824-1874), Clytus Gottwald (né en 1925), Gérard Pesson (né en 1958), Franck Krawczyk (né en 1969) et Thierry Machuel (né en 1962). Chœur de Chambre Accentus (solistes : Solange Añorga, Kristina Vahrenkamp, Catherine Padant, sopranos ; Hélène Moulin alto ; Olivier Coiffet, Jean-Yves Ravoux, ténors)  ; Nicolas Marchenko, piano ; Les Monts du Reuil, continuo : Pauline Warnier, violoncelle ; Hélène Clerc-Murgier, orgue ; André Heinrich, luth ; Sébastien Beliath, contrebasse. Direction : Laurence Equilbey.

Le deuxième disque de transcriptions par vient de paraître. Ce concert reprend bien des pièces qui s’y trouvent pour le plus grand bonheur de son public. Car , dirigé à la perfection par , a un public qui l’attend. Se montrer à la hauteur de cette attente représente le plus grand défi de cet ensemble. Son succès est tel qu’il a beaucoup à perdre en cas de déception. Une certaine tension a parcouru le premier lied de Schubert comme si chanteurs et chef ne s’étaient pas trouvés immédiatement. Mais l’inquiétude a vite disparu. La confiance s’est retrouvée et la justesse préservée, notre enchantement fut complet tout au long de la soirée. Chacun selon ses goûts et sa sensibilité a trouvé dans ce concert si varié les pièces qui le touchent le plus.

Tous les morceaux, sauf un lied de Schubert et l’Hiver de Vivaldi, sont a capella, ce qui représente un défi relevé avec brio. L’habileté des interprètes est confondante ainsi que celle des transcripteurs. Quelques très beaux et très étranges effets créent de belles surprises : effets de souffle, sifflements ou onomatopées.

L’intervention unique du piano dans Litanei de Schubert s’impose par l’absolue beauté de cette partie. L’orchestre baroque qui accompagne l’Hiver de Vivaldi est agréable et représente un soutien précieux. Mais n’est-il pas un peu vain de demander à des musiciens aussi conséquents d’intervenir pour un temps si court ? C’est d’ailleurs cette transcription de Vivaldi qui est la moins réussie. En soi l’idée est fidèle à l’esprit baroque qui ne mettait pas de frontières si nettes entre musique sacrée et profane. Mais la virtuosité des violons de l’hiver ne peut être rendue par les voix du chœur, pourtant véloce. C’est une loi physique. D’ailleurs Vivaldi a écrit une autre forme de virtuosité pour les voix, et sacrément impressionnante !

Les plus belles réussites se situent dans des œuvres écrites à l’origine pour la voix. Les extraits des Wesendonck lieder touchent au sublime, tout comme les extraits de Shéhérazade avec des effets de flûte par les sopranos. Les solistes ont des voix magnifiques. La légèreté aérienne de Solange Añorga est sidérante. Le timbre envoûtant d’Hélène Moulin est voluptueux à souhait.

Le public a fait un triomphe à , son ensemble et ses musiciens. Deux bis ont été offerts au public comblé : un extrait du Voyage d’hiver de Schubert et surtout le si sublime et transperçant Agnus Dei de Barber.

La musicalité subtile de l’ensemble, la recherche dans les couvertures des CD ne trouve malheureusement pas d’écho dans la présentation sur scène de l’ensemble. Il y a comme une hésitation entre le choix d’un chœur aux costumes semblables et une recherche d’individualité marquée. Pourquoi ces différences de hauteur de robes à côté de femmes en pantalon, ces étoles rares et belles si mal réparties ? Un petit effort à ce niveau permettra à Accentus d’avoir un plumage digne de son ramage pour le plus grand bonheur de son public.

Crédit photographique : © Eric Manas

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Paris. Salle Pleyel. 31-III-2007. Transcriptions d’œuvres de Antonio Vivaldi (1678-1741), Franz Schubert (1797-1828), Richard Wagner (1813-1883), Gustav Mahler (1860-1911), Alexandre Scriabine (1872-1937), Maurice Ravel (1875-1937) et Serge Prokofiev (1891-1953) par Peter Cornelius (1824-1874), Clytus Gottwald (né en 1925), Gérard Pesson (né en 1958), Franck Krawczyk (né en 1969) et Thierry Machuel (né en 1962). Chœur de Chambre Accentus (solistes : Solange Añorga, Kristina Vahrenkamp, Catherine Padant, sopranos ; Hélène Moulin alto ; Olivier Coiffet, Jean-Yves Ravoux, ténors)  ; Nicolas Marchenko, piano ; Les Monts du Reuil, continuo : Pauline Warnier, violoncelle ; Hélène Clerc-Murgier, orgue ; André Heinrich, luth ; Sébastien Beliath, contrebasse. Direction : Laurence Equilbey.

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