La Folia sous toutes ses coutures

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Arcangelo Corelli (1653-1713) : « La Folia ». Variations sérieuses ; Jean-Marie Leclair (1697-1764) : Sonate n° 5 en mi mineur pour deux violons ; Gaetano Pugnani (1731-1798) : Sonate n° 1 en mi majeur pour violon et basse continue ; Pietro Antonio Locatelli (1695-1764) : Caprice n° 4 en do mineur : Molto moderato ; Caprice n° 7 en mi majeur : Moderato ; Léon de Saint-Lubin (1805-1850) : Caprice op. 42 n° 4 en la mineur : Grave-Allegro ; Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Variations Paganini opus posthume ; Anastasia Khitruk (née en 1975) : La Folia. Anastasia Khitruk, violon ; Daniel Tchalik, piano ; Alexandre Brussilovsky, violon. 1 CD Suoniecolori SC 253312. Enregistré en 1999 à la Maison de la Musique de Nanterre. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 68’02’’

 

« La Folia » était une danse portugaise très en vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles, plus tard très appréciée en Espagne et connue en France sous la dénomination de « Folies d’Espagne ». Puis, peu à peu elle se répandit dans le reste de l’Europe. Ce divertissement (et cette réjouissance) bénéficia d’un engouement populaire immortalisé par La Folia d’ qui l’écrivit pour violon et continuo (son opus 5, daté de 1700).

Il s’agit plus précisément de la 12e Sonate constituée de 23 variations. Avant le « tube » de Corelli, d’Anglebert (cycle de 22 variations pour clavecin, 1689) l’avait déjà popularisée avant qu’elle ne soit exploitée par Lully et . Nombreux furent ensuite ceux qui s’y essayèrent (Vivaldi, Pergolèse, D. Scarlatti, J. -S. Bach dans sa Cantate des paysans, C. P. E. Bach dans ses Variations pour clavecin, Cherubini dans l’ouverture de l’Hôtellerie portugaise, Liszt dans sa Rhapsodie espagnole, dans son opéra Mascarade et bien sûr Rachmaninov lors de ses Variations sur un thème de Corelli). Toutefois la présente livraison, en dehors des incontournables Variations sérieuses de Corelli, fait revivre d’autres partitions notables.

La violoniste d’origine russe défend ces musiques avec beaucoup de talent et d’enthousiasme, intelligemment secondée par le pianiste russe . Un second violoniste, né en Ukraine, , vient en renfort dans la Sonate n° 5 pour deux violons en mi mineur de Jean-Marie Leclerc. Œuvre cependant un peu terne et lointaine, contrastant avec la virtuosité entraînante de Gaetano Pugnani, un des plus grands virtuoses du violon de son époque, avec sa Sonate n° 1 en mi majeur pour violon et basse continue. Celui que l’on surnomma le « Paganini du XVIIIe siècle », Pietro Locatelli, a laissé ces Caprices (1733), n°4 en do majeur et n°7 en mi majeur, mélodiquement riches et très virtuoses. Les autres œuvres retenue (en particulier les Variations Paganini d’) déclinent également avec plus ou moins de liberté et d’originalité ces « Folias ».

Un disque intéressant donc et en quelque sorte documentaire, mais discrètement déficitaire en authentique folie débridée, trait fondamental initial, progressivement altéré au cours du temps.

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