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La Disparue de Deauville à la sauce électro

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Franck II Louise : La Disparue de Deauville. Michaël Vermian, duduk. 1 CD Colosseum CST 8117. 2. Enregistré au studio Frank II Louise (Marseille) en 2007. Durée : 40’56’’

 

Colosseum

Après Parlez-Moi d’Amour en 2001, la sublime et charismatique Sophie Marceau passe une nouvelle fois derrière la caméra afin de donner naissance à un thriller intrigant, La Disparue de Deauville. Aux côtés de son nouvel amant Christophe Lambert, elle y interprète Victoria Benuti, une comédienne célèbre qui réapparaît trente ans plus tard dans un hôtel de Deauville alors qu’on la pensait morte. Elle croise la route de Jacques Renard, un policier qui enquête sur une disparition étrange survenue dans le même hôtel.

Pour accompagner ce chassé-croisé angoissant, il aurait paru évident, au premier abord, de choisir une musique de film noir, avec orchestre et big band, caractéristique des atmosphères étouffantes des films de l’époque, comme des mélopées du passé venues d’outre tombe, à l’image du fantôme de Victoria. Au contraire, Sophie Marceau a fait appel à Franck II Louise, un DJ pionnier de la scène hip-hop, chorégraphe et danseur à ses heures. Résultat : c’est une musique électronique, moderne et branchée qui illustre La Disparue de Deauville.

Le disque oscille entre des boucles technoïdes et des rythmes angoissés plutôt travaillés, et des atmosphères électroacoustiques presque torturées. La nostalgie est suggérée grâce à des instruments extra-européens comme le duduk ou le cymbalum (émulé), par des évocations de cordes, des filtres passe-bande et peut-être involontairement par quelques procédés extrêmement fréquents en musique électronique (des craquements de vinyle ou des effets de partition rétrograde). Choix de synchronisation étrange, loin d’être désagréable à l’écoute (Recuerdo par exemple), sans doute un peu vain et pas assez original pour convaincre tout à fait (on y trouve beaucoup de procédés utilisés aux Etats-Unis par des compositeurs comme John Powell) et parfois hélas un peu de mauvais goût (The Race, musique de tuning qui prend l’image au pied de la lettre, les cuivres hideux d’Au Dessus des Toits, le vibraphone d’On se connaît ? etc. ). Néanmoins, ce disque a le mérite de démontrer que contrairement aux idées reçues, un artiste hip-hop est capable de proposer une musique instrumentale intéressante et travaillée, offrant aux auditeurs un univers qui lui est propre, à l’instar d’artistes électroniques talentueux comme Amon Tobin.

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Franck II Louise : La Disparue de Deauville. Michaël Vermian, duduk. 1 CD Colosseum CST 8117. 2. Enregistré au studio Frank II Louise (Marseille) en 2007. Durée : 40’56’’

 
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