Sofia Gubaidulina : « Rien n’est plus important pour moi que la solitude »

À emporter, CD, Musique symphonique

Sofia Goubaïdoulina (née en 1931) : Concerto n° 2 pour violoncelle et orchestre « And : The feast is in full progress » (Et : la fête bat son plein) ; Dix Préludes pour violoncelle. David Geringas, violoncelle ; Orchestre Symphonique de la Radio Finlandaise, direction : Jukka-Pekka Saraste ; Vladimir Tonkha, violoncelle (Préludes). 1 CD Col legno WWE 31881. Enregistré à la Maison de la Culture d’Helsinki, en mai 1994 (Concerto pour violoncelle), au Anthroposophisches Zentrum, Wilhelmshöhe, Kassel, mars 1994 (Dix Préludes). Notice trilingue (allemand, anglais, espagnol). Durée : 47’11’’

 

Tout est mélange et rencontre chez Gubaidulina. Tout est filiation et synthèse idiosyncrasique également. Tout semble privé, solitaire et mystique chez cette créatrice singulière et unique. « Toute activité artistique est une manifestation de la vie mystérieuse de l’âme dans notre vie quotidienne », précise-t-elle. Russe, tatare, juive, née en 1919, elle concentre dans sa démarche inventive l’interpénétration intime de l’0rient et de l’Occident.

Après les conservatoires de Kazan et de Moscou, après des passages aux USA, elle s’installe durablement en Allemagne. Figure énigmatique par nature, recluse par choix, elle manifeste un esprit religieux sans références théologiques élues, son tempérament la guide vers une évidente austérité, une épuration soigneuse et une concentration serrée. L’écoute des deux œuvres sélectionnées la montre en quête de la sérénité, sourde aux mondanités car dépourvue d’artifice et proche d’une certaine méditation extatique (comme par exemple dans son Offertorium, son Concerto pour violon). Le Concerto pour violoncelle et orchestre sous-titré : And : The feast is in full progress date de 1993 et répond en majeure partie aux paramètres sus-décrits.

Le discours musical affiche une véritable gravité, évite les grands contrastes dynamiques et expressifs et paraît soutenu par une spiritualité rarement rencontrée. Le dédicataire et créateur de l’œuvre, , précis, retenu, engagé jusqu’à l’envoûtement, se plie comme naturellement à cette partition efficacement soutenue par l’ placé sous l’autorité de l’excellent chef finlandais . Le Concerto pour violoncelle, bien que retenu et peu accidenté, dispose d’une nature musicale plus riche et intéressante que les Dix Préludes pour violoncelle seul (1974) confiés à Vladimir Tonkha.

De cette commande pédagogique initiale, résulte une série de courtes pièces, quasiment aphoristiques, peu flatteuses à l’oreille de l’auditeur mélomane, tant leur atmosphère dénudée et non ouvrée domine. Rien d’étonnant en somme, si l’on prend en compte cette phrase révélatrice de  : « Rien n’est plus important pour moi que la solitude ».

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