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Le compositeur de Luc Besson offre à son public une prestation explosive

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Paris, Olympia. 10-VI-2007. Œuvres d’Eric Serra. Orchestre des Hauts de Seine. Big band non précisé. Direction musicale non communiquée.

à l’Olympia

Après son concert haut en couleur en 2005 au Festival d’Auxerre, où le compositeur avait offert à son public une prestation aussi éblouissante que surprenante, remet le couvert à l’Olympia, le 10 juin, pour le plus grand bonheur des béophiles.

Pour cet événement exceptionnel, le compositeur attitré de Luc Besson, qui a mis en musique des films aussi emblématiques que Le Grand Bleu, Nikita, Le Cinquième Elément, Léon, Jeanne d’Arc ou encore, plus récemment, Arthur et les Minimoys, était accompagné par les musiciens de son big band, dont il est le bassiste, et par l’Orchestre symphonique des Hauts-de-Seine.

Un concert déroutant pour les spectateurs, tant l’influence de Weather Report est sensible : sonorités électroniques très typées, rythmiques jazzy, cadences finales aboutissant sur des septièmes, jeu effréné d’Eric Serra, digne du génial Jaco Pastorius. La plupart des musiques du compositeur, arrangées pour cet ensemble improbable, en deviennent souvent méconnaissables. Le thème d’Arthur et les Minimoys voit ainsi certaines des notes qui composent la mélodie altérées par des dièses insolites (c’est un arrangement récent, s’excuse le compositeur).

L’orchestre des Hauts de Seine s’offre rarement un peu d’espace, avec la musique de Jeanne d’Arc notamment (l’envoûtant Talk To Him). Très mal mixé (un son mono uniforme, où tous les pupitres sont traités de la même façon), pas toujours bien arrangé, il peine à convaincre. Lorsque le big band intervient, l’orchestre disparaît et devient une masse bruitiste informe, presque inutile.

Le big band, amplifié jusqu’à la douleur, joue quant à lui des extraits du Grand Bleu, partition phare du compositeur, s’offre de longues plages d’improvisation, interprète les chansons les plus connues de Serra (It’s Only Mystery, extrait de la BO de Subway, Little Light Of Love, extrait de la BO du Cinquième Elément, interprété par la chanteuse originelle Nourith, elle aussi desservie par des retours approximatifs).

Résultat : certains spectateurs, décontenancés, quittaient la salle au compte goutte…

Premier jalon semble-t-il d’une tournée à venir, ce concert à l’Olympia a beau avoir souffert d’une amplification désastreuse, on ne peut que se réjouir du souffle que les musiciens d’Eric Serra réussissent à donner à la musique et de leur plaisir communicatif. D’un point de vue strictement musical, Eric Serra, à qui nous avons posé la question, considère ce concert comme bien plus abouti que celui d’Auxerre, malgré les problèmes de son. Difficile de ne pas être d’accord, même si la spontanéité de leur prestation semble avoir un peu disparu. Totalement impliqué, le big band prend son pied et nous avec. Souvenez-vous notamment du nom d’Emile Parisien : ce saxophoniste de génie démontre une sensibilité musicale hors du commun et fera sans doute parler davantage de lui à l’avenir…

Illustration : © Olympia, Paris

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