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Eric Sombret, la passion chevillée au cor

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Oui, il ferait aimer le cor aux cerfs des chasses royales ! De l’ouverture de Mignon à Pierre et le Loup, le cor est devenu, grâce à Lully, un instrument incontournable de l’orchestre. Pour autant, il est si rarement sur le devant de la scène ! Mal connu peut-être, mal aimé sans doute, il mérite un défenseur infatigable comme , professeur au Conservatoire d’Avignon, créateur et promoteur du Festival de Cor d’Avignon et des Pays de Vaucluse.

« Votre fils fera du cor, j’en manque ! »

ResMusica : Vous êtes né dans le Pas-de-Calais. Quel est le parcours qui vous a conduit à devenir cor solo de l’Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence (OLRAP) ?

 : J’ai effectivement commencé mon cursus à Douai, puis j’ai été l’élève d’André Fournier au CNSM de Lyon, au début des années 80. En 1982, à 18 ans, je suis entré à l’OLRAP (qui ne portait pas encore ce nom) et j’en suis devenu cor solo. En quelque vingt ans, j’ai pris un peu de poids, des lunettes, et une tendinite !

RM : Pourquoi le choix de cet instrument peu commun ? Est-ce l’instrument lui-même, sa facture, sa musicalité propre, ou son histoire, qui vous intéresse tout particulièrement ?

ES : Dans l’harmonie de mes débuts musicaux, le chef a dit à mes parents : « votre fils fera du cor, j’en manque ! » J’ai donc commencé tout à fait par hasard. Mais j’ai vite reconnu que cet instrument, le cor d’harmonie, est vraiment magique. Tout est fascinant : le son, la forme de l’instrument, son importance dans un orchestre et en musique de chambre, et bien sûr dans l’enseignement.

RM : Voici la 11e édition du Festival de Cor d’Avignon et des Pays de Vaucluse, que vous avez créé, sans imaginer qu’il s’inscrirait dans la durée. Quelles sont les qualités de ce festival, que les habitués seront certains de retrouver ?

ES : Ce festival est toujours une rencontre de l’excellence, avec des intervenants de très haut niveau. Et sa spécificité tient surtout à l’alliance, sur scène, de professionnels, de professeurs de Conservatoires, et d’élèves encadrés comme des professionnels. Et pour tous, l’envie de vivre avec bonheur ces moments-là.

RM : Et les nouveautés ?

ES : Chaque édition est nouvelle, tout en se situant dans une continuité. En points forts, nous aurons à la fois un hommage à Ravel et des créations mondiales. Nous proposerons, cette année, un programme de choix : outre les concerts, gratuits dans la somptueuse Salle des Fêtes de l’Hôtel de Ville, ou plus classique à l’opéra mais à un prix dérisoire, nous effectuerons une tournée hors les murs et nous ouvrirons plus largement encore au public les master-class et les ateliers du « corps autour du cor ». Il ne faut pas oublier en effet que les musiciens ne sont pas tellement différents des sportifs de haut niveau : la fosse est toujours trop basse, le chef trop haut, l’instrument trop lourd, les doigts trop crispés, trop longtemps. Il faut donc, pour chaque musicien, apprendre à vivre avec son instrument, que ce soit un cuivre, un bois, ou autre corde.

RM : Mais le cor est un instrument tellement « exotique » ! Y a-t-il des élèves, un répertoire, un public, pour un tel instrument ?

ES : Le cor est un instrument de passion, et de passionnés ! J’ai, dans ma classe de Conservatoire, l’effectif le plus important en France : 45 élèves (25 garçons, 20 filles). Le répertoire existe, varié, et il met en valeur l’extraordinaire musicalité de cet instrument. Et des compositeurs actuels, vivants, jeunes, passionnés, écrivent régulièrement pour lui : ainsi Jean-Louis Agobet, lauréat des Victoires de la Musique classique avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, dont nous jouerons un concerto en création mondiale. Ainsi également une autre création mondiale : Dominique Lièvre a composé Obsidienne pour le concert du 28 juin, spécialement pour l’OLRAP avec sa tablature particulière, et il sera présent ce soir-là. Mozart et Bach, eux, ne composaient pas pour un orchestre précis ; alors, imaginez le cadeau pour nous ! Quant au public, venez et vous verrez… Et l’on pourra compléter le programme avec des dégustations de Côtes-du-Rhône.

Crédits photographiques : © Geneviève Allène-Dewulf

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