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Alain Planès aux Journées Lagraulet

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Lagraulet du Gers, église. 20-VII-2007. Joseph Haydn (1732-1809) : Sonate n° 31 en la bémol majeur Hob. XVI. 46 ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate en la mineur D. 537 ; Claude Debussy (1862-1918) : Trois Estampes. Leos Janáček (1854-1928) : Sur un sentier herbeux. Alain Planès, piano.

Journées Lagraulet 2007

Belle surprise que de découvrir à Lagraulet, ce charmant village, un lieu de concert idéal. La petite église était comble hier soir pour un magnifique récital concocté avec soin par Alain Planes. Le public était particulièrement attentif et concentré, sans toux, sans papiers de bonbons, sans cliquètements de bracelets. (Seul un portable vite éloigné et vite pardonné a sonné…). L’acoustique du lieu est particulièrement agréable et semble idéale pour la musique de chambre.

n’a plus besoin d’être présenté ; c’est un concertiste et pédagogue recherché, et lorsqu’on a cette chance de l’entendre, on est saisi par la confiance qu’il crée entre le public et lui. Pour chacune des œuvres choisies, parfaitement comprise par l’artiste, il s’emploie à nous faire adhérer à ses propositions, établissant ainsi un climat de confiance, de « bien-être » qui repose sur une construction de l’œuvre parfaitement lisible et un respect du style de chaque compositeur.

Son Haydn est l’élégance incarnée, dans le dédale des reprises et da capo, il nous guide d’une main sûre et amicale. Mais cet Haydn-là n’est pas que charme et brillance. Les moments de tension feutrés sont émouvants et les frottements harmoniques laissent entrevoir une âme plus tourmentée qu’il n’y parait. Un petit délice musical dans le deuxième mouvement : ses trilles expressifs et si légers.

Lorsqu’il empoigne la Sonate en la mineur de Schubert, il semble avoir changé de piano. La « largeur » de la sonorité impressionne et son goût des nuances prend ici toute sa mesure. La tension extrême de certains moments appelle des fortissimi terrifiants et la délicatesse de certaines phrases est d’une douceur a peine palpable. On retrouve la même rigueur quant à la structure de l’œuvre, qui lui permet des fluctuations de tempo très musicales. Il aime et connaît son Schubert et le public le perçoit.

Debussy, avec , n’est ni maniéré, ni excentrique, et sans recherche d’effets de piano à tout prix : tendances si fréquentes aujourd’hui avec les (jeunes) vedettes internationales. Ce même appui sur une compréhension de la structure lui permet de peindre … ce qui est dans la partition. Et la musique fuse, les visions se lèvent et le public est conquis par un Debussy limpide.

C’est pourtant après ces merveilles d’interprétation que Sur un sentier herbeux de Janáček nous entraîne encore plus loin. Le toucher délicat, les couleurs, les nuances extrêmes, cette évidence devant une partition si riche font d’Alain Planès un guide amical idéal pour un parcours enchanteur. Le succès est retentissant et deux bis sont accordés : une sauvage Danse morave de Janáček et une Romance très éloquente de Sibelius. Les journées de Lagraulet commencent fort bien…à suivre !

Crédit photographique : DR

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Lagraulet du Gers, église. 20-VII-2007. Joseph Haydn (1732-1809) : Sonate n° 31 en la bémol majeur Hob. XVI. 46 ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate en la mineur D. 537 ; Claude Debussy (1862-1918) : Trois Estampes. Leos Janáček (1854-1928) : Sur un sentier herbeux. Alain Planès, piano.

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