Cœurs croisés par Philippe Decouflé : Cabaret déshabillé

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Paris, Cour d’Orléans du Palais Royal. 19-VII-07. Dans le cadre du festival Paris Quartier d’Eté. Philippe Decouflé : Cœurs croisés. Mise en scène : Philippe Decouflé. Musiques originales : Cyril Lefebvre, Joseph Racaille et Mathieu Ballet. Décors : Pierre-Jean Verbraeken et Luc Weissmuller. Costumes : Virginie Corfa et Jean Malo. Coiffure et maquillage : Pierre-François Carrasco. Interprètes : Alix Reig, Sean Patrick Mombruno, Ludovic Gauthier, Nathalie Hauwelle, Sophie Cornille, Stéphanie Petit, Alice Roland, Stéphanie Lhorset, Pierre Estorges, Jackie Tadeoni, Hélène Risterucci, Noémie Vachet, Dorothée Delgrange, Barbara Wastiaux, Marie-Laure St Bonnet, Marion Boucart. Musiciens : Mathieu Ballet, Nicolas Deutsch, Cyril Lefebvre, Joseph Racaille, Michel Schick.

Dans cette fantaisie pour adultes, en maître de cérémonie coquin a convoqué les principales perversions sexuelles pour en faire des numéros de strip-tease à la limite du loufoque et du burlesque. Point d’érotisme torride dans ce cabaret transgenre où une galerie de personnages étranges et sympathiques paradent tour à tour. Du plus grand, un noir bien membré, au plus petit, un nain aux longs cheveux blonds, ils s’exposent d’abord habillés, avant de finir presque nus au fil de déshabillages ludiques. La mise à nu n’est en effet pas la plus importante dans ce spectacle où les effeuillages s’achèvent en catimini du côté des musiciens, ou sont escamotés par la séquence suivante.

La distribution réunie par le metteur en scène est savoureuse à souhait. Elle emprunte au cirque ou au cabaret : la madame Loyal un peu inquiète des dérives de ses filles, les deux ouvreuses « bien carrossées », Mercedes et Micheline, qui devisent avec les spectateurs bien avant le lever de rideau, les phénomènes qui firent les délices des foires ou du film « Freaks » de Tod Browning. Les séquences se succèdent à un rythme rapide, mettant en scène tous les fantasmes sexuels : SM, sodomie, lingerie froufroutante, bondage, vahinés, lapins roses ou pin up en s’offrant quelques scènes inspirées de films cultes comme On achève bien les chevaux ou Saturday night fever autour d’un couple de danseurs de salon un peu ridicule et terriblement drôle. Et la danse dans tout cela ?  n’a pas cherché à revisiter des numéros figurant au répertoire des boîtes de striptease, mais il s’est efforcé de chorégraphier quelques scènes collectives pour ses interprètes, dont aucun – ou presque – n’est danseur professionnel. En orchestrant cette distribution hétéroclite dans un grand éclat de rire et une belle bouffée d’air frais, il rend hommage au cabaret parisien et aux travailleurs de la nuit.

Crédit phorographique : © Suzanne Brun

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