Quartiers d’été et teintes cuivrées

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Dijon. Salle Romanée Conti du Palais des Congrès. 25-VII-2007. Marin Marais (1656-1728) : Alcyone, suite  ; Antonio Vivaldi (1678-1741)  : Ottone in Villa, ouverture (Sinfonia en ut majeur RV 729) ; Johann-Sebastian Bach (1685-1750) : Concert Brandebourgeois n°1 en fa majeur BWV 1046 ; Carl-Philipp-Emmanuel Bach (1714-1788) : Symphonie en fa majeur W 183 / 3. Orchestre Français des Jeunes Baroque, direction : Christophe Rousset.

OFJ Baroque

Seconde session de l’ – version baroque – né l’an dernier, toujours en résidence à Dijon et toujours sous la direction de son chef … Session se déroulant en trois phases, sur environ deux semaines : la première est de pure technique instrumentale, en compagnie d’éminents professeurs, spécialistes du répertoire baroque (tels pour le violon, Peter Frankenberg, pour les hautboïstes, Atsuki Sakaï au service des violoncellistes ou Claude Maury, pour les cornistes) agrémentée d’une initiation à la danse baroque (Irène Ginger). La seconde phase consiste en quelques jours de travail, en tutti, avec le directeur musical, et enfin, une mini tournée de concerts, laquelle a conduit les jeunes musiciens, successivement, aux Nuits Musicales d’Uzès (Gard), puis à la Chabotterie (Vendée) avant le retour au Duo-Dijon pour ce concert de fin de session.

Le programme proposé suit chronologiquement l’ordre de composition des œuvres. Aussi, la Suite d’Alcyone de , constitue-t-elle une ouverture « classiquement » baroque au concert : une suite qui sent encore son Lully (particulièrement dans la symphonie pour le sommeil ou la chaconne finale), et qui ne vaut véritablement que par la fameuse Tempête qu’elle évoque, sur la fin, animée ici d’un agitato qu’on dira moderato (particulièrement en puissance, compte tenu de l’effectif à disposition, dont une seule contrebasse). C’est joué proprement, dans le style idoine, mais avec des vents de force 4…ça n’impressionne guère.

La Sinfonia d’Ottone in Villa (le tout premier opéra de Vivaldi) n’appelant pas de commentaire particulier (si ce n’est les belles prestations de violons et hautbois dans leurs interventions solistes), c’est naturellement le premier « brandebourgeois » de Jean Sébastien Bach qui retient l’attention et qui apporte à ce concert sa note doublement « cuivrée », avec ses deux corni di caccia évoquant tons et échos automnaux. L’interprétation globale, orchestre, solistes et continuo confondus, en est plus qu’honorable ; à quelques détails près, concernant, par exemple, certains aigus approximatifs des cors naturels (mais on connaît la redoutable difficulté de l’instrument, comme celle de la partition ; et le menuet final – apothéose en sonneries de cors dialoguant avec hautbois – n’appelle que des éloges), ou encore le difficile combat mené par le violon piccolo (tenu par la 1ère violon soliste) pour émerger de l’orchestre…avec un timbre par trop ingrat.

Le concert s’achève plaisamment avec la souriante symphonie de C. P. E. Bach, dont l’OFJ et son chef, cédant volontiers aux rappels insistants du public, voudront bien redonner, en bis, le troisième et dernier mouvement presto, offrant là un modèle de mise en place, d’équilibre et de rondeur. La direction, toujours « sèche », nerveuse et précise de ne laissant aucune prise à la confusion.

On se prend à espérer qu’entre cet attachant ensemble et son passionné – et passionnant – directeur musical, perdure la fructueuse collaboration qui les mène ainsi sur les voies du succès.

Crédit photographique : DR

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