Artistes, Chanteurs, Opéra, Portraits

Teresa Stich Randall (Hartford, Connecticut. 24 décembre 1927 – Vienne, 17 juillet 2007)

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« Come scoglio », comme un roc chante Fiordiligi dans le Così fan Tutte de Mozart. Aujourd’hui le rocher s’est brisé avec la disparition de la soprano . Mozart vient de perdre l’une de ses voix parmi les plus respectueuses de son œuvre. La soprano américaine s’est éteinte à Vienne, la ville où elle vivait depuis de nombreuses années. Elle avait 79 ans.

Fine musicienne, savait phraser comme peu d’artistes lyriques. Usant d’un vibrato court pour souligner l’émotion d’une phrase, le poids d’un mot, sa voix puissante, claire, chargée d’harmoniques restait néanmoins d’une grande souplesse. Elle habillait ses rôles d’une sensualité innocente, d’une tendresse envoûtante particulièrement adaptée au répertoire mozartien. Si la soprano américaine a effectivement connu ses plus grands succès avec les opéras de Mozart, ses incursions dans ceux de Haendel, de Vincenzo Bellini, de Verdi, de Giacomo Puccini, de Donizetti ou de Richard Strauss, laissent entendre son extraordinaire capacité d’aborder des styles de chant les plus divers. Ainsi dans le fameux enregistrement du Rosenkavalier sous la direction d’Herbert von Karajan voit Teresa Stich Randall offrir une admirable voix blanche pour une Sophie anthologique tranchant résolument avec la sophistication de la Maréchale d’Elizabeth Schwarzkopf, sa «rivale» des grands rôles mozartiens. Mais celle qu’Arturo Toscanini avait appelé «la trouvaille du siècle» devait confirmer son talent dans les opéras de Maître de Salzbourg. Dès 1953, elle fait les beaux jours du Festival d’Aix-en-Provence avec ses superbes Fiordiligi de Cosi fan Tutte et autre admirable Donna Anna de Don Giovanni. Deux rôles qu’elles devaient faire siens sur la scène d’Aix pendant plus d’une dizaine d’années.

Retirée trop tôt des scènes lyriques et relativement peu gâtée par les studios d’enregistrement, Teresa Stich Randall laisse une discographie limitée et certainement pas en rapport avec son talent.

Si Teresa Stich Randall débute sur scène alors qu’elle n’est âgée d’à peine 20 ans, c’est entre 1950 et 1960 qu’elle obtient ses plus grands succès. En 1951, le Concours International d’Exécutions Musicales de Genève la couronne d’un second prix de chant. A son retour aux Etats-Unis, Arturo Toscanini l’engage d’abord dans le petit rôle de la Prêtresse d’Aïda –alors qu’elle aurait fait une très belle Aïda !-, puis quelque temps après cette première apparition discographique, toujours sous la direction du Maestro, elle grave une superbe Nanetta dans le Falstaff de Verdi, qui aujourd’hui encore, figure parmi les enregistrements de référence de cet opéra.

Réécouter Cosi fan Tutte d’Aix en Provence montre combien le chant de Teresa Stich Randall est resté d’une jeunesse inouïe par rapport à celui des autres protagonistes de ces mythiques soirées. La marque d’une artiste véritable et exemplaire.

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