Impressions soleil couchant avec le Quatuor Ysaÿe

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Perros-Guirec. Palais des Congrès. 1-VIII-07. Dans le cadre du XXIIIe Festival de Musique de Chambre de Perros-Guirec. Quatuor Ysaÿe : Guillaume Sutre, violon ; Luc-Marie Aguera, violon ; Miguel Da Silva, alto ; Yovan Markovitch, violoncelle. Joseph Haydn (1737-1806) : Quatuor en ré majeur, op. 76 n°5 Hob. III. 79. Claude Debussy (1862-1918) : Quatuor à cordes en sol mineur, op. 10. Franz Schubert (1797-1828)  : Quatuor en ré mineur n°14 « La jeune fille et la mort », D. 810.

Habitué du festival de Perros-Guirec, le a rendu cet été sa quatrième visite à la station balnéaire bretonne. Ce festival, créé par Catherine Collard en 1985, se consacre au répertoire de musique de chambre, tandis que ses « voisins » trégorrois de Lannion et de Tréguier explorent l’orgue et les œuvres pour chœur ou pour orchestre. Le Palais des congrès de Perros-Guirec, bunker des années 1970 dissimulé sous une luxuriante végétation, n’a pas l’acoustique idéale d’une salle de concert, mais il offre le charme incomparable d’un fond de scène vitré, largement ouvert sur la mer. C’est donc dos aux Sept-Îles et au soleil couchant que le a proposé un remarquable programme intimiste autour de Haydn, Debussy et Schubert.

Dans le Quatuor en ré majeur, op. 76 n°5 Hob. III. 79 de , composé en 1797, les accents mœlleux et caressants du début de l’Allegretto ou du Largo cèdent la place, dans les autres mouvements, à la vivacité complice des quatre instrumentistes. La première partie du concert se poursuit avec l’unique quatuor à cordes de , le Quatuor en sol mineur, op. 10. Contemporain du Prélude à l’après-midi d’un faune, celui-ci offre une ligne mélodique continue et vibrante, à l’image d’une vague. Exécuté avec conviction et générosité, le quatuor semble paré d’une nouvelle jeunesse. L’interprétation en est très expressive, accentuant le côté impressionniste de l’œuvre, avec ses nappes mélodiques qui se superposent savamment. L’interprétation très riche du second mouvement, ample et profond, ouvre la voie à l’Andantino doucement expressif. Faisant écho à la musique, les bateaux amarrés dans la baie de Trestraou oscillent sur l’eau scintillante, jusqu’à la note finale si ténue du troisième mouvement.

Dans la seconde partie du concert, le Quatuor « La jeune fille et la mort » de donne une toute autre facette du talent des chambristes, qui choisissent une interprétation un peu sèche, particulièrement dans le Scherzo. Très rapide, le Presto final laisse toute latitude à la virtuosité époustouflante du Quatuor Ysaÿe. La soirée s’achève avec, en guise de bis, l’Adagio du Quatuor op. 76 n°4 dit « Le lever de soleil » de  : digne fin pour une formation qui a achevé il y a près d’un an l’intégrale des quatuors à cordes de .

Crédit photographique : © Gérard Rondeau

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