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Wilhelm Kempff (1895-1991), pianiste et compositeur discret…

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A l’heure où les jeunes virtuoses du clavier étourdissent autant par leur sonorité « tapageuse » que par leur intérêt exacerbé pour les grands couturiers du moment, on peut s’interroger. Que penserait de cette évolution du toucher, du jeu, du style, du monde musical en général ? Lui qu’on a (trop) souvent décrit comme le pianiste « calme et silencieux » se rebellerait-il, s’obstinerait-il à faire perdurer sa vision de la musique, tout en sagesse et en réflexion ? Au contraire, serait-il emporté par la vague du « nouveau piano », ferait-il lui aussi sonner sans retenue son clavier ? Tout en écoutant la Sonate au Clair de Lune, nous nous interrogeons …

Il y a quelques décennies de cela, nous avons mis en opposition les deux plus grands pianistes allemands : Wilhelm Backhaus et . Comme il y eut la querelle des Anciens et des Modernes, il y eut les pro- et les anti-Kempff. Le jeu de Backhaus était décrit comme un solide roc de granit, un jeu masculin, plus porté sur l’extérieur que sur l’intérieur. Le plus crieur et autoritaire des pianistes, celui qui voulait le plus se faire entendre, disait-on. À l’inverse, Kempff possédait, aux dires des « intellectuels » du piano, le talent de faire chanter le calme, le paisible, voire le silence. On qualifiait son toucher de « tension suspendue », une sorte de « retenue » entre chaque note. Backhaus exprimait le mouvement inexorable, Kempff le mouvement maîtrisé.

Ces descriptions expriment avec un discernement plutôt rationnel le jeu des deux pianistes ; cependant, qu’il nous soit permis d’y voir, non pas deux jeux opposés, mais deux jeux complémentaires. Les affinités personnelles, les goûts artistiques, ont fait que d’aucuns ont préféré l’extériorité véhémente de Backhaus aux chuchotements de Kempff. La subjectivité passionnelle a fait le reste, et la mise en antagonisme catégorique a suivi et perduré. Restent cependant les talents, divers mais complémentaires, de ces deux grands artistes disparus.

Il nous plaît aujourd’hui de vous convier à une exploration « discrète » du talent exceptionnel d’un des plus grands maîtres du piano du XXe siècle, Wilhelm Kempff.

Wilhelm Walter Friedrich Kempff est né le 25 novembre 1895 à Jüterbog, de l’organiste et Kantor Wilehlm Kempff et de sa femme Clara, née Kilian. La famille s’établit quatre ans plus tard à Potsdam, où le père occupe le poste de Directeur Musical à la Nikolaikirche. Le jeune Wilhelm prend ses premiers cours de violon et de piano avec son père. En 1901, Wilhelm Kempff donne son premier concert, au sein du Schmidt’schen Musikinstitut, en interprétant une Sonate de Mozart. À l’âge de neuf ans, le jeune pianiste rencontre Georg Schumann, Directeur de la Berliner Singakademie, qui, impressionné par son jeu, le recommande à divers professeurs, dont Heinrich Barth et Robert Kahn, élève de Brahms, pour la composition.

Wilhelm Kempff s’intéresse aussi à la composition, et en 1907, lors de son premier récital au Palais Barberini de Potsdam, sous les yeux d’Ida Schmidt-Schlesicke, il interprète plusieurs de ses compositions, ainsi que des improvisations, basées sur des thèmes « commandés » directement par le public ! En 1911, il achève ses premières grandes œuvres « sérieuses », dont le Trio avec Piano en sol mineur et la Sonate pour Violon en la majeur. En 1912, Kempff séduit Ferrucio Busoni, qui le décrit comme un « talent phénoménal », et deux ans plus tard, malgré de fortes lacunes en mathématiques, il obtient son baccalauréat et entre à la Berliner Musikhochschule.

Le jeune musicien se dévoue alors presque entièrement à la composition : Première Symphonie en mi bémol majeur, Quatuor en ré mineur, Concerto pour Piano en si mineur ; en 1915, il rencontre le grand compositeur allemand de l’époque, Richard Strauss. Âgé de vingt-deux ans seulement, Wilhelm Kempff finit ses études à Berlin avec des diplômes de soliste, de composition et d’organiste Alors qu’il reçoit le Prix Mendelssohn pour ses compositions et sa carrière naissante de pianiste concertiste, il part pour ses premières tournées, en Scandinavie et en Allemagne. En 1917, en pleine Guerre mondiale, a lieu l’exécution de son Ouverture Hermannschlacht, d’après l’œuvre de Kleist, sous la direction de Henze, dans le Beethovensaal de Berlin. L’Empereur Guillaume II le déclare personnellement inapte au service militaire, et il échappe ainsi à la boucherie de la guerre 1914-1918. Un an plus tard, Kempff fait ses débuts à la Philharmonie de Berlin, dans le Concerto en sol majeur de Beethoven, sous la direction du grand Arthur Nikisch : c’est un succès majeur et étourdissant pour le jeune homme. Les trois années suivantes, le pianiste se partage entre les salles de concerts, surtout en Scandinavie (Stockholm, Uppsala, Göteborg, Malmö, …) et la composition (Poème Symphonique Das verlorenes Paradies (le Paradis perdu), Fantaisies pour Piano op. 12, …).

En 1920, il rencontre Jean Sibelius en Finlande. Celui-ci lui demande de jouer la sonate Hammerklavier de Beethoven. Une fois qu’il eut fini, Sibelius lui dit : « Vous n’avez pas joué comme un pianiste mais comme un être humain ». De retour en Allemagne, il enregistre pour Deutsche Grammophon, entre autres, la Bagatelle en do majeur op. 33 de Beethoven, ainsi que des pièces de Bach, Mozart, Mendelssohn, Schumann et Schubert. En 1923, il rencontre la « star montante » de la direction d’orchestre en Allemagne, Wilhelm Furtwängler, qui prévoit de créer le Divertimento composé par Kempff quelques mois auparavant. C’est finalement sa Deuxième Symphonie en ré mineur op. 19 qu’il crée à Leipzig, alors que Kempff prend la direction de la Württembergische Musikhochschule à Stuttgart. Professeur de piano, il a pour élève Helene Freiin Hiller von Haertringen, qu’il épouse en 1926 à Berlin.

En 1927, il part en Turquie, pour y donner des récitals à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) et à Ankara. Il rencontre Atatürk qui veut créer un Conservatoire à Ankara, et qui sollicite du pianiste quelques recommandations quant aux professeurs à nommer. Il dirige l’ouverture de l’opéra Die Flöte von Sanssouci, puis rencontre le grand Albert Schweitzer à Stuttgart. En 1929, Kempff renonce à ses activités professorales, et la famille retrouve Potsdam, à l’Orangerie du Parc Sanssouci.

En 1931, Kempff finit son opéra König Midas (Le Roi Midas), op. 33, et fonde les Cours d’été du Marmorpalais de Potsdam, en compagnie de Schünemann, Schillings, Fischer, Kulenkampff, Gieseking, Elly Ney… Après avoir été reçu à l’Académie des Arts de Prusse, le compositeur termine son Concerto pour Violon en sol mineur, op. 38, créé par Hans Schmitt-Isserstedt et Georg Kulenkampff. Alors que les Nazis arrivent au pouvoir, Kempff est en tournée en Grèce sous la baguette de Dimitri Mitropoulos, dans le Concerto en do majeur KV 467 de Mozart. Après être rentré en Allemagne, il donne la première de son nouvel opéra, Familie Gozzi, op. 39, et donne de nombreux concerts solistes dans tout le Reich : Remscheid, Kassel, Hannovre, Weimar, Liegnitz, Erfurt et en Italie à Naples. En 1934, il est l’invité d’Hugo Eckeners dans le dirigeable Graff Zeppelin, en direction d’une tournée en Amérique du Sud. Deux ans plus tard a lieu sa première tournée au Japon, où il suscite l’admiration par ses enregistrements de Beethoven, au point que l’Empereur fait baptiser une île « Kempu-san » en son honneur. Jusqu’en 1979, Kempff effectuera dix tournées au Japon !

Son troisième opéra, Fasnacht von Rottweil, op. 41, sur son propre livret, est créé en 1936 à Hannovre, ainsi que sa Dramatische Kantate « Deutsches Schiksal » op. 40. Cette œuvre sera rapidement interdite par le NSDAP car l’auteur du texte, Ernst Wiechert, n’adhérait pas aux idées nazies et fur emprisonné.

Alors que la Guerre éclate, la popularité et le succès de Kempff sont au plus haut : première de sa Arkadische Suite, op. 42, saluée à Dresde ; concert Schumann avec Pfitzner à Potsdam ; concerts à Rostock avec Furtwängler, … Durant les mois qui suivent, Wilhelm Kempff devient l’un des solistes les plus appréciés de la scène musicale allemande : il joue à la Philharmonie de Berlin, avec Knappertsbusch, à Aix-la-Chapelle avec Karajan, et en 1941, accepte un projet de collaboration culturelle avec Prague. Au Deutsches Opernhaus nouvellement créé par Gœbbels, il joue Bach et Mozart avec Keilberth, puis triomphe à Leipzig, sous les yeux d’Albert Speer, avec Abendroth. Le régime nazi salue également de sa présence son concert berlinois de septembre dans le Concerto en sol majeur, sous la direction de Furtwängler. En 1942, Wilhelm Kempff se rend dans la France occupée, à Paris, et joue avec Alfred Cortot pour l’ouverture de l’exposition de son ami le sculpteur Arno Breker. À Chaillot, sous la baguette de Münch, il donne trois Concertos de Beethoven, et revient l’année suivante pour le « Grand Festival Beethoven », avec Abendroth, Elly Ney, Alfred Cortot, et Ginette Neveu. Un an avant la fin de la guerre, il commence son autobiographie Unter dem Zimbelstern, et sa Sonate pour Piano en sol mineur op. 47. Lors des derniers jours du IIIe Reich, il est enrôlé dans la Volkssturm, et reçoit une formation de conduite des Panzerfaust, sensés être les derniers remparts allemands face à l’avancée de l’Armée Rouge à Berlin. Après un dernier concert à Berlin avec le Concerto en la mineur de Schumann, sous la direction de Robert Heger, Wilhelm Kempff se rend en février 1945 dans le Château de Thurnau (Oberfranken). Avec la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie, le pays se trouve gouverné par les Alliés. Les Américains, qui n’ont pas oublié les amitiés de Kempff avec Albert Speer, l’Architecte du Reich et Ministre de l’Armement condamné à Nuremberg, ou encore avec le « Sculpteur du Führer » Arno Breker, interdisent tous les concerts de Kempff en zone américaine. Le pianiste en profite pour retourner à la composition, comme ses Lieder Gesänge des Euripides, ou son opéra Die Krönung der Toten, qui restera malheureusement inachevé. En 1947, après un cours passage devant la Commission de Dénazification, il est réhabilité et peut reprendre le chemin des salles de concerts : il crée sa Légende op. 65 pour Piano et Orchestre, (première à Hanovre) et un ballet : Der Spiegel des Hamlet.

En 1950, il commence une intégrale des Sonates de Beethoven pour Deutsche Grammophon, avant de terminer son autobiographie, publiée un an plus tard aux éditions Engelhorn de Stuttgart. Le livre paraîtra en France chez Plon sous le titre Cette note grave. En gage de la réconciliation franco-allemande, Kempff retrouve le Théâtre des Champs Elysées en 1953, puis se rend à Ankara où il joue le Concerto pour Deux Pianos de Mozart avec une jeune pianiste prodige de onze ans, Idil Biret. Après les Sonates de Beethoven, Wilhelm Kempff remporte un succès phénoménal avec les enregistrements des Concertos du même compositeur, sous la direction de Paul van Kempen. En 1954, il se rend à Londres où il enregistre Liszt pour Decca. Puis, lors de son deuxième voyage au Japon, avec le violoncelliste Pierre Fournier, il pousse le symbole de la réconciliation des peuples à son apogée : à Hiroshima, il joue sur l’orgue de la Cathédrale de Cologne des œuvres de Bach. Le moment est enregistré par la radio japonaise, et Kempff demande à Deutsche Grammophon de le publier en Allemagne ; les dons seront intégralement reversés aux victimes des bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Un an plus tard, il rencontre l’humaniste et pacifiste Yehudi Menuhin, et joue avec lui à Berlin. La fin des années 1950 sont consacrées en partie à la composition : Suite Epitaph op. 72 et Positano op. 73 pour Orchestre à cordes… et aux distinctions : l’Empereur du Japon lui décerne la médaille (Grand Croix) de la Croix Rouge japonaise, et il est nommé premier président de la Martin-Behaim Gesellschaft. Dans une Allemagne divisée, il n’hésite pas un instant à effectuer une longue tournée en Allemagne de l’Est, à Halle, Dresde, Leipzig, Potsdam, et Erfurt, avant de s’envoler pour le Canada où il inaugure le Canal du Saint Laurent à Montréal.

En 1961, il enregistre l’un de ses plus grands succès discographiques : les cinq Concertos pour Piano de Beethoven avec le Berliner Philharmoniker sous la direction de Ferdinand Leitner. Nommé Président de la Société Romain-Rolland en Allemagne, il se rend en Grèce, puis encore au Canada, où il joue sous la direction du jeune Zubin Mehta. Alors que Fischer-Dieskau enregistre ses Lieder à Berlin, Kempff fait ses débuts américains à Carnegie Hall en 1964 : les deux récitals consacrés à Beethoven, Schubert, Schumann et Brahms sont salués par la presse et le public comme « une sensationnelle et indicible réussite ». Wilhelm Kempff continue d’enregistrer pour Deutsche Grammophon, Schubert entre autres, puis Schumann à Munich (Scènes d’Enfants op. 15 et Kreisleriana op. 16). En 1966, il retourne aux Etats-Unis, à San Francisco, Chicago, et joue sous la direction de Leonard Bernstein à New York, dans le Concerto en do mineur de Beethoven. Kempff ne se retire cependant pas dans ses tranchées : il n’hésite pas à jouer à Saint-Tropez, lors des « Nuits de la Citadelle », aux côtés de Louis Armstrong ou Dave Brubeck ! L’année 1968 est cependant consacrée à une longue tournée en Méditerranée : Monte Carlo, Majorque, Tunisie, Yougoslavie, Italie… En 1970, Deutsche Grammophon salue cinquante ans de collaboration avec le pianiste en lui offrant un Goldenes Grammophon. Kempff retourne au Japon en 1972, et participe au Concert de la Paix de l’Unesco, à Paris, en 1974, avec Menuhin et Rostropovitch.

L’année de ses quatre-vingts ans, il enregistre pour la télévision allemande le Concerto de Schumann avec Rafael Kubelik, et vend 250000 exemplaires de son disque consacré au Concerto en mi bémol majeur de Beethoven. Il fête son anniversaire au Château Nymphenburg, alors que le Président Giscard d’Estaing le fait Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres. En 1979, il commence sa tournée d’adieux à la scène soliste, avec un concert à Hœchst, dans le Concerto en sol majeur de Beethoven, accompagné par le Philharmonia Orchestra sous la direction d’Ashkenazy. Un an plus tard, il réalise son dernier enregistrement, avec les Préludes et Fugues du Clavier Bien Tempéré de Bach. Nommé à la Royal Academy of Music de Londres, il est acclamé tout au long de sa saison à Zurich, Florence, Vienne (vingt minutes d’applaudissements du public debout !), Londres, Paris, Francfort, Mannheim, Berlin et Munich. Après la parution de son deuxième livre Was ich hörte, was ich sah, il donne ses derniers concerts à Antwerpen, Bruxelles et Paris, dans des programmes réunissant ses compositeurs favoris, Schumann, Schubert et bien entendu, Beethoven.

1982 : il met fin définitivement à sa carrière le 31 juillet, à Holzhausen. Souffrant, il est contraint de stopper les cours d’interprétation consacrés à Beethoven, qu’il avait créés à Positano en 1957, dans sa villa italienne. La profession et le monde culturel lui rendent unanimement hommage, et il reçoit des mains du Ministre-Président Franz-Joseph Strauss l’Ordre de Maximilien pour les Sciences et les Arts, pour l’ensemble de sa carrière de pianiste et de compositeur. En 1986, il s’installe définitivement avec sa famille à Positano. Au cours de la fin des années 1980, ses œuvres sont jouées intensivement en Allemagne, notamment ses Quatuors à cordes, ses Lieder et ses Suites pour Piano. Wilhelm Kempff s’éteint le 23 mai 1991 à Positano, et repose au Château de Wernstein, Oberfranken.

Célébré pour ses enregistrements de Schumann, Brahms, Schubert, Mozart, Bach, Liszt, Chopin, et surtout Beethoven, Wilhelm Kempff fut aussi un soliste infatigable, parcourant l’Europe, le Japon, les Etats-Unis. Soliste salué tant pour ses interprétations intimistes que pour son engagement humain, « remarquable accompagnateur » selon Menuhin, il enregistra pendant plus de soixante ans et transmit son savoir et sa passion pour Beethoven à Positano. Homme de paix, il ne renia pourtant jamais son amitié avec d’influents politiques nazis, et lutta pour une Allemagne réunifiée dès 1945, célébrant Potsdam, capitale culturelle d’un nouveau pays à construire. On oublie aujourd’hui doucement le pianiste, rapidement l’organiste, et on néglige le compositeur, qui s’attela à toutes les formes : cadences pour les Concertos de Beethoven, Symphonies, transcriptions de Bach, Sonates, Concertos pour Piano, Lieder, Opéras, Ballets, … Contrairement à la majorité des pianistes-compositeurs du passé et d’aujourd’hui, il garda un savant équilibre entre composition et interprétation. Sa musique n’a jamais cherché à explorer de nouveaux territoires, de nouvelles harmonies, de nouveaux genres ; Kempff aimait la mélodie, et les airs populaires, que ce soit d’Allemagne ou d’autres pays européens. En leur sein, il amenait des couleurs harmoniques, tonales, et rythmiques, indescriptibles : sans jamais sombrer dans l’excès ou l’exubérance, il savait doser le rythme, la mélodie, élaborer des thèmes, pour que ses œuvres demeurent, comme ses interprétations, des chefs-d’œuvre d’intimité et d’art musical intérieur.

Monsieur Kempff, sans doute seriez-vous bien surpris et perplexe face au monde musical d’aujourd’hui, étourdi et étourdissant. Nous avons perdu votre talent de faire chanter la musique, les harmonies, intérieurement, en douceur, oserons-nous dire « en silence ». Beaucoup (trop !) de ceux qui touchent au piano, ceux qui composent, aujourd’hui, « cognent », « sonnent », « éclatent », et la musique respire de moins en moins, chuchote de moins en moins, vit de moins en moins. Merci Monsieur Kempff, pour ce concert magique à Paris, alors que l’auteur de ces lignes n’avait que trois ans ; merci, mais combien vous nous manquez aujourd’hui….

Discographie sélective

Il est quasiment impossible de faire un choix dans plus de soixante ans d’enregistrements… Nous vous donnons cependant quelques pistes pour découvrir Wilhelm Kempff, le pianiste et le compositeur…

  • Wilhelm Kempff, Œuvres pour piano I. Rhapsodisches Präludium op. 44 ; Italienische Suite op. 68 ; Lyrische suite op. 17 Nr. 1 ; Sechs kleine Klavierstücke ; Fantasie aus « Familie Gozzi » op. 39. Rüdiger Steinfatt, piano. 1 CD VMS 623
  • Wilhelm Kempff, Œuvres pour piano II. Fränkisches Bilderbuch ; Meerespsalm ; Fantasie op. 9 ; Argentinisches Ständchen Klaviersonate op. 47 ; Orpheus Klage. Rüdiger Steinfatt, piano. 1 CD
  • Wilhelm Kempff, piano. Schumann : Arabesque op. 18 ; Papillons op. 2 ; Davidsbündlertänze op. 6 ; Novelette op. 21, 1 ; Beethoven : Sonates pour Piano Nr. 14, 17, 27 ; Bartok : Out of Doors Nr. 4 & 5. 1 DVD EMI Classics
  • Wilhelm Kempff, piano. Beethoven : Sonate pour piano Nr. 29 « Hammerklavier » ; Rondo op. 51, 2 ; discussion avec Wilhelm Kempff sur Beethoven. 1 DVD VAI.
  • Wilhelm Kempff, piano. Schubert : Sonate pour Piano D. 566 ; Impromptu D. 935. Brahms : 4 Ballades op. 10 ; Romances op. 118, 5 ; Intermezzi op. 118, 6 & op. 76, 4. Schumann : Sonate pour Piano Nr. 2. 1 CD BBC 69/72
  • Wilhelm Kempff, piano. Beethoven : Sonates pour Piano 1-32. 8 CDs DGG.
  • Wilhelm Kempff, piano. Beethoven : Concertos pour piano, vol. I, Nr. 1-4. Berlin PO, direction : Ferdinand Leitner. 2 CDs DGG.
  • Wilhelm Kempff, piano. Beethoven : Concerto pour piano, vol. II, Nr. 5 ; Triple Concerto op. 56 ; Concerto pour Violon op. 61 ; Romances pour Violon et Orchestre Nr. 1 & 2. Berlin PO, direction : Ferdinand Leitner (Nr. 5) ; Anda, Schneiderhan, Fournier, RSO Berlin, direction : Fricsay (op. 56) ; Schneiderhan, Berlin PO, direction : Jochum (op. 61) ; Oistrach, Royal PO, direction : Goosens (Romances). 2 CDs DGG.
  • Wilhelm Kempff, piano. Beethoven : Concertos pour piano, Nr. 1-5 ; Rondos Nr. 1 & 2, op. 51. Berlin PO, direction : Paul von Kempen. 3 CDs DGG Dokumente.
  • Wilhelm Kempff, piano ; Yehudi Menuhin, violon. Beethoven : Sonates pour Violon et Piano, vol. I, Nr. 1-5 ; Rondo WoO. 41 ; Variations WoO. 40. 2 CDs DGG.
  • Wilhelm Kempff, piano ; Yehudi Menuhin, violon. Beethoven : Sonates pour Violon et Piano, vol. I, Nr. 6-10. 2 CDs DGG.
  • Wilhelm Kempff, piano. Mozart : Concertos pour piano Nr. 8, 23, 24. Berlin PO, Bamberg SO, direction : Ferdinand Leitner. 1 CD DGG The Originals.
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