Bouleversant War Requiem au Beethovenfest

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Bonn. Beethovenhalle. 12-IX-2007. Benjamin Britten (1913-1976) : War Requiem, op. 66. Annette Dasch, soprano ; James Taylor, ténor ; Christian Gerhaher, baryton. Aurelius Sängerknaben Calw (chef de chœur : Johannes Sorg). Festivalensemble Stuttgart (chef de chœur : Klaus Breuninger) , direction : Robin Engelen, Helmuth Rilling.

Le War Requiem de fut créé en 1962, à Coventry. Ce fut un grand plaidoyer contre la guerre et pour la réconciliation des peuples. 45 ans après, l’œuvre est toujours aussi fascinante, toujours aussi bouleversante. Quel coup de génie de rapprocher le texte latin du Requiem et les poèmes de Wilfried Owen, écrits pendant la Grande Guerre ! Et quelle composition magistrale réunissant à la fois un grand orchestre et un orchestre de chambre, un grand chœur et un chœur d’enfants ainsi que trois solistes.

Confier cette partition difficile à un ensemble de jeunes musiciens dont la moyenne d’âge dépasse à peine les 20 ans, pouvait paraître risqué. Seraient-ils à la hauteur de la tâche ? Oui, ils le sont. Dès les premières mesures, les instrumentalistes et choristes du Festivalensemble Stuttgart font valoir un niveau technique admirable. Capables de tutti forte d’une force impressionnante, ils nous fascinent notamment par une palette étonnante de nuances entre pianissimo et mezzo piano. Les chœurs, en outre, font preuve d’une diction exemplaire.

Les solistes, eux aussi, sont excellents. James Taylor, dont le timbre rappelle celui du créateur du rôle, Peter Pears, manque peut-être un peu de panache. Mais il fait oublier cela grâce à un art rare de la voix mixte et un chant des plus émouvants. fait valoir une voix extrêmement belle, riche et ample, mais également capable de superbes nuances. nous convainc notamment dans les passages lyriques où sa voix jeune et mœlleuse fait merveille. Dans les moments plus dramatiques pourtant elle est couverte à plusieurs reprises par le chœur et l’orchestre. Mais heureusement, elle ne force pas.

Esprit recteur de ce concert est (assisté par pour l’orchestre de chambre). Le grand spécialiste des œuvres de Bach nous offre ici une lecture toute aussi passionnante de Britten, à la fois analytique et intense, précise et bouleversante. Sa prestation est saluée à la fin par de longues ovations. Mais peut-être était-il encore plus content des deux minutes de silence religieux qui ont précédé les applaudissements.

Crédit photographique : © Alexander Basta/Sony BMG

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