Wiener Philharmoniker et Daniele Gatti, une solide cordée

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 1-X-2007. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Coriolan, ouverture en do mineur, Op. 62 ; Alban Berg (1885-1935) : trois pièces pour orchestre, Op. 6 ; Johannes Brahms (1833-1897) : symphonie n°1 en do mineur, Op. 68. Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Daniele Gatti.

Le mois d’Octobre du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles s’ouvre par la venue, très attendue, de l’ sous la direction de , le futur directeur musical de l’Orchestre National de France. Cependant, le souvenir d’un décevant concert salzbourgeois par la même équipe et dans le même type de répertoire ne nous incitait gère à l’optimisme ! Pourtant hautement inspiré, Gatti méritait ce soir le titre de très grand chef, permettant tous les espoirs pour son prochain mandat parisien.

L’ouverture de Coriolan interpelle dès les premiers accords. Tout semble lent et massif, voire lourd ; il faut quelque temps avant de s’adapter à cette vision épique mais sculpturale et écrasée par une chape de plomb étouffante. Jouant de l’orchestre, Gatti peut se permettre de marquer les moindres nuances et inflexions du discours.

Sommet de ce concert, les redoutables Trois pièces pour orchestre de Berg ont été emportées par une rage féline absolument dévastatrice. A mille lieux d’un Boulez à Aix-en-Provence, le chef italien ose un Berg très romantisé, narratif mais très ciselé dans la mise en valeur des détails de l’instrumentation. Les Viennois, jouant dans leur arbre généalogique, font chanter et danser cette musique éruptive et endiablée alternant sortilèges enchanteurs et valses mortelles ; le dernier accord sonne ainsi avec le fracas d’une hache ! C’est tout simplement phénoménal !

La symphonie n°1 de Brahms vire, quant à elle, à la pure démonstration d’orchestre ; lequel est mené par une baguette qui sait ménager ses effets tout en mettant en valeur la progression mélodique. Dans des tempi plutôt larges, le chef se plaît à placer à l’avant plan les différents traits instrumentaux qui se fondent idéalement dans le légendaire galbe velouté des Viennois ; alors que les nombreuses et délicates transitions thématiques sont négociées à la perfection. Une standing ovation bien méritée récompense l’engagement des musiciens et du chef. Téméraires, ils se lancent dans une danse hongroise n°5 assez appuyée puis dans un idéal et bienvenu Perpetuum mobile de Johann Strauss fils.

Crédit photographique : Ludwig Schirmer

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