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Un récital piano à la gloire de Fanny Mendelssohn, enfin !

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Fanny Mendelssohn-Hensel (1805-1847) : L’Année. 12 Pièces de caractère. Lauma Skride, piano. 1 CD. NDR kultur. Code barre : 886970301626. Enregistré aux Studios Rolf Liebermann, Hambourg (Allemagne) les 6 et 7 octobre 2005. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 50’05

 

Vient à présent l’occasion d’assister à l’audition de pièces pour piano de Fanny Hensel, née Mendelssohn, sœur de l’illustre Félix. Les deux vivaient une relation personnelle et artistique assez fusionnelle. Seule restriction imposée par les mœurs de ce XIXe siècle machiste, la fille n’avait pas, loin s’en faut, carte blanche pour s’imposer aux yeux du monde comme une artiste susceptible de se mesurer à la gente masculine dominante et dominatrice. Certaines de ses compositions furent même signées par Félix ! Il n’empêche qu’aujourd’hui elle pourrait combien plus naturellement se faire connaître et aimer par un large public.

Le sort des femmes au foyer, la norme d’alors, se trouvait, isolément et ponctuellement, remis en question par des individualités comme Elfrida Andrée en Suède, Agathe Backer-Grøndahl en Norvège ou encore Nancy Dahlberg au Danemark pour ne proposer que quelques exemples scandinaves… C’est également une jeune pianiste lettone de 25 ans, , interprète de très bon format, qui s’empare du cycle intitulé L’Année, constitué on le devine de 12 pièces de caractère et d’un épilogue. -Hensel composa Das Jahr en 1841, encore ravie par son séjour italien et inspirée par ses expériences de voyage, musicales mais aussi personnelles, datant de l’année précédente. Elle dédia son opus à son mari Wilhelm Hensel qui illustra la partition définitive de vignettes.

On repèrera la présence d’un motif descendant quelque peu mélancolique entendu dès Janvier et réapparaissant lors des sections suivantes. La variété des humeurs, des tempi et des atmosphères doit autant au séjour italien qu’aux racines germaniques de Fanny. s’avère musicalement parfaite, emportée ou calme au gré des mois ou des saisons, et, sous des apparences lisses ou badines, n’en sert pas moins avec justesse une musique très domestiquée et emplie de tact. Sa performance dispense une poésie sans héroïsme, jamais hautaine et en permanence charmante. Sa gravure, réussie, fixe l’éphémère fuyant et nous autorise une certaine délectation romantique au meilleur sens du terme.

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