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Cher Ulysse de Jean-Claude Gallotta : Mélancolie

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 12-X-2007. Jean-Claude Gallotta : Cher Ulysse. Chorégraphie et mise en scène : Jean-Claude Gallotta. Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz. Musique : Strigall. Costumes : Jacques Schiotto, assisté de Marion Mercier. Lumière : Marie-Christine Soma. Espace : Jeanne Dard. Dramaturgie : Claude-Henri Buffard. Avec Françoise Bal-Gœtz, Darrell Davis, Wimena Figueroa, Marie Fonte, Ibrahim Guétissi, Mathieu Héraud, Benjamin Houal, Yannick Hugron, Simon Nemeth, Cécile Renard, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand et Jean-Claude Gallotta.

Vingt-six ans après sa création, , qui n’était alors qu’un chorégraphe débutant, retrouve Ulysse pour ce spectacle étalon, dont il a offert une version au Ballet de l’Opéra National de Paris en 1995.

Le chorégraphe s’y réserve une place de choix, dos au public, assis sur un tabouret, comme pour contempler son œuvre. Une interprète quinquagénaire aux cheveux blancs décline en guise de prologue les principales figures du vocabulaire chorégraphique de Gallotta : pas chassés, petits sauts de côté, attitudes, arrêts courbes, mains qui dessinent un S dans l’air, tournoiements ou courses rapides. Sautillante et désinvolte, on retrouve en effet dès le début du spectacle la gestuelle de faune du rôle créé par Robert Seyfried dans Ulysse. Toute de spontanéité naturelle, la présence lumineuse de la danseuse aux cheveux d’argent tranche au milieu des danseurs plus jeunes qui n’ont ni les physiques, ni les « tronches » des compagnons du groupe Emile Dubois, la compagnie des débuts. N’oublions pas qu’à l’époque de la création d’Ulysse, en 1981, peu d’entre eux étaient danseurs professionnels. Cette troupe aujourd’hui très technique, tout en muscle pour les filles, plus élancée pour les garçons, est bien éloignée de la fraîcheur primesautière des premiers interprètes du spectacle.

Autant la première version était gaie et ardente, autant cette version 2007, qui s’offre une nouvelle musique déstructurée et plus rock, est sombre. Néons blancs en guise de grill, pendrillons immaculés comme des linceuls, la blancheur clinique des années Sida est passée par là. Une allusion un peu appuyée à la mort, incarnée par un squelette perruqué en traîne de mariée, et la troupe réapparaît en sous-vêtements dépareillés dans un magma de corps en contre-jour. La seconde partie du spectacle se révèle assez efficace, avec ses duos et ses solis sensuels et émouvants, ses unissons bien menés. Se ménageant quelques irruptions en trublion virevoltant tout au long de la soirée, le chorégraphe démiurge se munit parfois d’un porte-voix pour crier « La mélancolie ne passera pas ! ». Pourtant, pour ceux qui ont assisté, éblouis et conquis, au lumineux Ulysse des années 80, la mélancolie passe encore quelquefois.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 12-X-2007. Jean-Claude Gallotta : Cher Ulysse. Chorégraphie et mise en scène : Jean-Claude Gallotta. Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz. Musique : Strigall. Costumes : Jacques Schiotto, assisté de Marion Mercier. Lumière : Marie-Christine Soma. Espace : Jeanne Dard. Dramaturgie : Claude-Henri Buffard. Avec Françoise Bal-Gœtz, Darrell Davis, Wimena Figueroa, Marie Fonte, Ibrahim Guétissi, Mathieu Héraud, Benjamin Houal, Yannick Hugron, Simon Nemeth, Cécile Renard, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand et Jean-Claude Gallotta.

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