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Harnoncourt, l’effet perdure !

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 15-X-2007. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°60 Hob. I : 60 « Il distratto » ; « Ah, tu non senti, amico » Hob. XXIVb : 10 ; « In un mar d’acerbe pene » (extrait de L’anima del filosofo ossia Orfeo ed Euridice Hob. XXVIII : 13) ; Symphonie n°97 Hob. I : 97. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)  : « Risolver non osa » (extrait de Il sogno di Scipione KV 126)  ; « Di que sei l’arbitra » (extrait de Il sogno di Scipione KV 126) ; « Non temer, amato bene » (extrait d’Idomeneo re di Creta KV 366). Michael Schade, ténor ; Concentus Music Wien, direction : Nikolaus Harnoncourt.

et

Assez rare à Bruxelles à la tête de ses troupes du Concentus Musicus de Wien dont la dernière visite dans la capitale belge remontait à plus de 5 ans, le légendaire avait attiré la foule des très grands soirs, des passionnés mais aussi de ses confrères musiciens.

Entrecoupée d’airs pour ténor et orchestre, la soirée s’ouvrait et se clôturait par deux symphonies de Haydn. On connaît l’excellence inégalée du sage de Graz dans Haydn qui sous sa gestique piaffe, s’esclaffe, respire à plein poumon et rigole de bon cœur. On est ici très loin d’un Haydn à l’anglaise très propre sur lui dans ses costumes trois pièces de Saville Row. L’assez décousue Symphonie n°60 « le distrait » est soulevée ici avec force mais fluidité et logique avec un finale où l’humour des instrumentistes qui s’accordent, sonne ici avec évidence. Ciselée avec le même soin, la célèbre Symphonie n°97 fut le sommet du concert et un indicible moment de joie musicale. Rodé à cet exercice, le Concentus livre une prestation irréprochable où chaque nuances ou notes devenaient audibles.

Malheureusement, Harnoncourt avait la très mauvaise idée d’amener avec lui son compère . Coqueluche de nombreuses scènes internationales et surtout du festival de Salzbourg où il se produit chaque année depuis 14 ans, le ténor apparut ici court en voix et en projection. Peu concerné, il débita ses notes, se trouvant même prisonnier des vocalises de « Di que sei l’arbitra » tiré du bien secondaire Il Sogno di Scipione. C’est bien dommage car les airs de Haydn, toujours rarissimes en concert, méritaient une interprétation plus enflammée et probe. Même Harnoncourt sembla lui-même s’aligner sur ce pilotage automatique ; éternels regrets d’une soirée, somme toute mémorable, par l’éclatante présence du maître d’œuvre.

Le public bruxellois aura l’extrême joie de retrouver Harnoncourt en avril pour les Scenen aus Gœthes Faust de avec ses vieux amis du Concertgebouw d’Amsterdam.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 15-X-2007. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°60 Hob. I : 60 « Il distratto » ; « Ah, tu non senti, amico » Hob. XXIVb : 10 ; « In un mar d’acerbe pene » (extrait de L’anima del filosofo ossia Orfeo ed Euridice Hob. XXVIII : 13) ; Symphonie n°97 Hob. I : 97. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)  : « Risolver non osa » (extrait de Il sogno di Scipione KV 126)  ; « Di que sei l’arbitra » (extrait de Il sogno di Scipione KV 126) ; « Non temer, amato bene » (extrait d’Idomeneo re di Creta KV 366). Michael Schade, ténor ; Concentus Music Wien, direction : Nikolaus Harnoncourt.

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