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Quatuor Manfred & Brotherhood Consort, mêlée à huit !

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Dijon, Eglise Réformée, 22-X-2007. « B col A tra C ne H ». Quatuor Manfred : Marie Béreau, premier violon, Luigi Vecchioni, second violon, Vinciane Béranger, alto, Christian Wolff, violoncelle. Brotherhood Consort : Raphaël Imbert, saxophone, André Rossi, orgue, Jean-Luc Di Fraya, percussion et chant, Michel Péres, contrebasse.

Quand « un quatuor à cordes dijonnais rencontre un quatuor de jazz marseillais », il ne s’agit pas de compétition : il s’agirait plutôt d’une mêlée à huit, d’une union, d’un accord subtil sur les bases communes de la musique occidentale. Cette rencontre improbable pourrait être reçue comme le mariage de la carpe et du lapin ; le Brotherhood Consort pratique une musique non écrite fondée sur l’improvisation, qui repose sur une organisation musicale liée au récit, tandis que les musiciens classiques sont habitués à l’interprétation fouillée des textes écrits et recherchent l’homogénéité d’une belle sonorité d’ensemble.

Pourtant le saxophoniste explique qu’en se référant à des données historiques, on peut apercevoir des points de jonction entre ces deux conceptions. André Rossi, organiste et professeur d’improvisation baroque, connaît évidemment le répertoire de Jean-Sébastien Bach. Les musiciens dijonnais ont toujours abordé le répertoire classique avec la volonté d’en faire ressortir l’intériorité et la spiritualité. John Coltrane (1926-1967), saxophoniste de jazz inspiré et mystique, est retourné aux sources de la modalité et a redécouvert les spirituals protestants : ainsi apparaissent des sources communes d’inspiration. Mais l’art de l’improvisation qui est à la base de la musique de jazz est à l’opposé de la pratique de la musique classique et il a fallu pour le quatuor à cordes oser sauter le pas et lever les inhibitions.

L’intitulé du concert, « B col A tra C ne H », explique visuellement la symbiose des deux groupes. Par exemple, les huit musiciens entrent les uns après les autres en s’imprégnant chacun à sa manière du mode de la sur ré ; ce mode se trouve être celui du choral Jesu meine Freude joué alors par le quatuor à cordes, puis les huit musiciens conduisent un grand crescendo avec une improvisation collective qui mène à un climax intense, puis finit dans l’apaisement d’une nuance piano.

Crédit photographique : © Vincent Arbelet

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Dijon, Eglise Réformée, 22-X-2007. « B col A tra C ne H ». Quatuor Manfred : Marie Béreau, premier violon, Luigi Vecchioni, second violon, Vinciane Béranger, alto, Christian Wolff, violoncelle. Brotherhood Consort : Raphaël Imbert, saxophone, André Rossi, orgue, Jean-Luc Di Fraya, percussion et chant, Michel Péres, contrebasse.

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