Isabelle Vajra : Barbara, passionnément …

La Scène, Spectacles divers

Paris, Théatre du Tambour Royal. 10-XI-2007. Isabelle Vajra, chant et piano ; Patrick Touquet, accompagnement. La valse de Franz (intro instrumentale, musique du film Franz de Brel) ; Dis, quand reviendras-tu ? ; Mon enfance ; Vienne ; Göttingen (en français et en russe) ; Drouot ; Le zinzin ; La solitude ; A peine ; Parce que je t’aime ; Cet enfant-là ; Mes hommes ; Hop-là ; La ligne droite (duo Moustaki/ Barbara) ; L’enfant laboureur ; Les insomnies ; Le soleil noir ; L’île aux mimosas (chanson extraite de Lily passion, comédie musicale réunissant Barbara et Depardieu) ; Sables mouvants ; Perlimpinpin ; Ma plus belle histoire d’amour ; La petite cantate ; Nantes ; Sid’amour à mort.

Il y a dans ce monde une jeune femme qui s’est donnée pour mission de chanter Barbara et de perpétrer le souvenir de cette grande Dame : je veux parler de Isabelle Vajra. D’une voix chaude, sensuelle et toujours envoûtante, elle redit, une à une, les célèbres chansons qui ont fait Barbara : Göttingen, Ma plus belle histoire d’amour, Nantes, Vienne …. Egalement pianiste de formation classique, les doigts agiles de cette virtuose dansent allègrement sur son clavier, tout en suivant fidèlement les arrangements originaux des chansons de celle qui lui sert de modèle.

Le résultat est exceptionnel, il rend cet hommage bouleversant tant celle-ci se sent comme habitée par l’artiste disparue. Grâce à sa sensibilité que l’on sent bien réelle, son strict respect des paroles et de la musique, sa voix chaude nous transporte dans un univers d’émotion pure. Dans une lettre qu’il lui avait adressée, Claude Nougaro avait d’ailleurs confié  : « Vajra chante Barbara dans la pureté de sa source, sans effets complaisants, simplement comme un personne qui se confie. Entre la voix qui touche par sa justesse, son sens de la diction et les doigts qui creusent les touches, une véritable harmonie, une calme assurance…nous pénétraient ». Au synthétiseur, Patrick Touquet enrichit encore, lorsqu’il le faut, l’accompagnement de la chanteuse. Ce récital est un pur moment de bonheur musical et poétique. On remarquera que les deux musiciens ne sont pas des « bêtes de scène », bien au contraire, ils ont donc quelquefois du mal à cacher leur émotion, ou leur timidité face à un public de plus en plus important.

On sent bien que leur complicité musicale dévoile leur réel plaisir de jouer ensemble : plus d’une fois, on aurait vraiment cru « la Dame en noir » revenue, l’espace d’un concert, nous chanter son émotion, sa joie, sa tristesse… car c’est bien de cela qu’il s’agit : Isabelle tente, dit-elle, « d’approcher l’ineffable, aussi fragile que la réminiscence d’un rêve ». Egalement titulaire d’un diplôme de traductrice en russe, c’est dans cette langue qu’elle nous offre, en bis, Nantes et Göttingen, chansons qu’elle a elle-même traduites, et interprétées à Saint-Pétersbourg lors d’un concert dédié à Barbara. Par sa délicatesse, et, disons-le, son charme, Isabelle Vajra est une femme qui gagne à être connue…et entendue !

Crédit photographique : Barbara (1978) © Patrick Ullmann

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