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Richard Wagner et le Festival de Bayreuth ressuscité

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Richard Wagner (1813-1883) : Die Walküre, Acte III. Astrid Varnay, Brünnhilde ; Leonie Rysanek, Sieglinde ; Sigurd Björling, Wotan ; Brünnhild Friedland, Gerhilde ; Lieselotte Thomamüller, Helmwige ; Elfriede Wild, Waltraute ; Ruth Siewert, Schwertleite ; Eleanor Lausch, Ortlinde ; Hertha Töpper, Siegrune ; Ira Malaniuk, Grimgerde ; Hanna Ludwig, Rossweisse. Orchestre du Festival de Bayreuth 1951, direction : Herbert von Karajan. 1 CD EMI Great Recordings of the Century 3800242. Code barre : 094638002420. Enregistré en public le 12 août 1951 au Festspielhaus, Bayreuth. ADD [mono]. Livret et notices trilingues (anglais, allemand, français) excellentes. Durée : 68’01

 

Dès l’apparition de l’enregistrement électrique en 1925, immortaliser au disque un opéra complet de Wagner fut l’une des priorités de His Master’s Voice, et en pionnier, le futur label EMI choisit La Walkyrie. Toutefois il fallut attendre juin 1935 pour que le premier acte et les scènes 3 et 5 du deuxième soient gravés à Vienne par Lauritz Melchior, Lotte Lehmann, Emanuel List et Bruno Walter, versions légendaires s’il en est, mais l’émergence du nazisme n’allait pas faciliter les choses en bannissant le juif Walter ; un vétéran d’Electrola, Bruno Seidler-Winkler, le remplaça avec bien plus que de la compétence, sinon le génie de son prédécesseur, pour achever le deuxième acte en septembre 1938 à Berlin, avec les mêmes solistes auxquels on avait adjoint Marta Fuchs et Hans Hotter alors débutant. La guerre hélas mit un terme définitif à cette merveilleuse aventure dont on dit encore de nos jours qu’elle n’a jamais eu d’équivalent artistique ; il existe un excellent transfert intégral de ces deux actes en un double CD Naxos (8110250-51).

29 juillet 1951 : c’est la réouverture du Festival de Bayreuth après sept années de silence, avec la Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Furtwängler, la plus célèbre version de l’histoire du disque. De fait, Decca et EMI étaient sur place pour immortaliser leurs artistes exclusifs : Hans Knappertsbusch pour le premier, Wilhelm Furtwängler et pour le second.

Le programme de réouverture était ambitieux : deux Ring, l’un par le vétéran Knappertsbusch, l’autre par le jeune et fougueux Karajan ; Parsifal dirigé par Knappertsbusch, et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg par Karajan. Pratiquement tout fut capté sur bande par les deux labels concurrents, mais des problèmes techniques et surtout contractuels vis-à-vis des chanteurs ne permirent la diffusion en disque que du Parsifal de Knappertsbusch (Teldec-Decca) et, selon la volonté de Walter Legge, Les Maîtres Chanteurs et le troisième acte de La Walkyrie de Karajan (EMI) ; récemment, Testament, sous licence Decca, a reçu les droits de diffusion officiels du Crépuscule des Dieux par Knappertsbusch, tout aussi extraordinaire que son Parsifal, et seule partie du Ring où apparemment le grand chef et la technique d’enregistrement se soient surpassés (SBT4175).

Il est évident qu’en 1951, il n’était pas question de publier un Ring des Nibelungen intégral, mais le subtil directeur artistique de EMI qu’était Walter Legge, considérant les tentatives d’enregistrement du Ring comme coup d’essai, sut en extraire ce formidable troisième acte de La Walkyrie par Karajan, premier enregistrement « live » d’un acte complet du Ring à Bayreuth, et par la même occasion, eut ce coup de génie de parachever l’intégrale initiée seize années plus tôt. Et il serait tout à fait logique que, dans le futur, EMI regroupe en un coffret de trois CDs l’incomparable interprétation tricéphale.

L’atout majeur de l’enregistrement Karajan, indépendamment de sa direction enflammée et constamment inspirée, est d’y associer d’abord en Brünnhilde , que les frères Wieland et Wolfgang Wagner, les petits-fils de Richard, ont choisie en confiance, sans audition, sous les conseils judicieux de l’immense Kirsten Flagstad ; ensuite en Wotan Sigurd Björling, éloquent et majestueux ; enfin en Sieglinde la toute jeune , idéale dans le rôle de future mère de Siegfried. Et parmi les huit Walkyries, on retrouvera avec plaisir Hertha Töpper alors au début d’une brillante carrière.

Trois ans plus tard, du 28 septembre au 6 octobre 1954, EMI allait enfin enregistrer en studio une Walkyrie intégrale sous la seule baguette – prestigieuse ! – d’un Wilhelm Furtwängler au seuil de la mort, dans laquelle on retrouve , Hertha Töpper et Ruth Siewert.

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Richard Wagner (1813-1883) : Die Walküre, Acte III. Astrid Varnay, Brünnhilde ; Leonie Rysanek, Sieglinde ; Sigurd Björling, Wotan ; Brünnhild Friedland, Gerhilde ; Lieselotte Thomamüller, Helmwige ; Elfriede Wild, Waltraute ; Ruth Siewert, Schwertleite ; Eleanor Lausch, Ortlinde ; Hertha Töpper, Siegrune ; Ira Malaniuk, Grimgerde ; Hanna Ludwig, Rossweisse. Orchestre du Festival de Bayreuth 1951, direction : Herbert von Karajan. 1 CD EMI Great Recordings of the Century 3800242. Code barre : 094638002420. Enregistré en public le 12 août 1951 au Festspielhaus, Bayreuth. ADD [mono]. Livret et notices trilingues (anglais, allemand, français) excellentes. Durée : 68’01

 
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