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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 06-XII-2007. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°9 en mi bémol majeur op.70 ; Concerto pour violon et orchestre n°2 en ut dièse mineur op.129. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n°5 en mi bémol majeur op.82. Sergey Khachatryan, violon. Orchestre National de France, direction : Mikko Franck.

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Suite à ses imposantes Symphonies n°7 et 8, Chostakovitch devait édifier avec la n°9 un monument à la gloire de la victoire soviétique de 1945. Si le compositeur a volontairement déjoué les attentes du public soviétique en composant une œuvre brève et légère, cherchant par là à tourner en dérision la froide grandiloquence du régime, il serait inexact de ne voir en cette œuvre que son ironie. Pleine de fraîcheur, dénuée de tout sarcasme, elle fait partie des quelques opus du compositeur qui éclairent une production plutôt sombre.

C’est d’ailleurs avec le sourire que dirigeait , à la tête d’un orchestre particulièrement attentif. Rarement le National n’aura été aussi homogène – grâce à un pupitre de cordes concis et malléable – et brillant – comme en témoignaient la fougue du presto et l’exécution impeccable des solos dont l’œuvre abonde.

Par son austérité et son caractère introspectif, le Concerto pour violon et orchestre n°2 du même compositeur jurait avec la Symphonie n°9. Il y aurait beaucoup à dire sur le jeu de dont la victoire au dernier concours Reine Elisabeth n’a fait que confirmer sa stature internationale. Nous retiendrons de cette exécution du concerto l’incontestable sûreté technique du soliste, la souplesse de son archet – lui permettant de soutenir chacune des longues phrases de l’œuvre – ainsi que sa sonorité. Sonorité polymorphe car ce n’est pas en premier lieu le souci du beau son qui guidait l’interprétation de , mais avant tout une volonté de justesse – entendue comme fidélité à l’œuvre. C’est ainsi qu’à l’intensité du discours correspondaient parfois la virulence des attaques et la saturation de la corde de sol. Le violon est pour Khachatryan le vecteur de l’œuvre et non pas son porte-parole.

Peut-être est-il regrettable que le concert se soit achevé avec le concerto, car la Symphonie n°5 de Sibelius compromettait l’homogénéité du programme. D’aucuns auront été satisfaits de réentendre le National de France sous la baguette de , qui a insufflé sa bonhommie et son aisance à l’ensemble des pupitres.

Crédit photographique : Sergey Kachatryan © BBC

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 06-XII-2007. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°9 en mi bémol majeur op.70 ; Concerto pour violon et orchestre n°2 en ut dièse mineur op.129. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n°5 en mi bémol majeur op.82. Sergey Khachatryan, violon. Orchestre National de France, direction : Mikko Franck.

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