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Des Concertos de Beethoven trop feutrés par Barry Douglas

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Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Concerto pour piano et orchestre n°3 en ut mineur opus 37 et Concerto pour violon, violoncelle et piano en ut majeur opus 56. Barry Douglas, piano et direction, Chee-Yun, violon et Andrès Díaz, violoncelle et la Camerata Ireland. 1 CD Satirino Records. Ref. : SR 073. Enregistré en mai 2007 au Mahoney Hall, The Helix à Dublin. DDD. Notice trilingue en anglais, français et allemand. Durée : 70’54’’.

 

Après un album, sorti l’an dernier, consacré aux concertos n°1 et n°5 (l’Empereur) de Beethoven, nos Irlandais de la Camerata Ireland, dirigés du clavier par , poursuivent ce qui ressemble à une intégrale de l’œuvre concertante du Maître de Bonn et nous proposent cette fois le Concerto pour piano n°3 et le Concerto pour piano, violon et violoncelle, plus connu sous la dénomination de « triple concerto » (un concerto pour trio avec piano). Dans ces colonnes, le précédent enregistrement avait été ressenti comme étant un peu mouligasse1 comme on dit par chez nous en Provence, alors que l’œuvre – le concerto « l’Empereur » – ne l’est franchement pas du tout et serait plutôt un bon modèle de musique roborative. On pouvait donc logiquement se demander ce que nos musiciens allaient tirer de ces deux nouvelles partitions, beaucoup moins extérieures que la précédente à priori.

Force est de constater que l’aïoli ne prend pas, si on veut bien poursuivre l’ambiance provençale. Il ne faut pas chercher du côté de l’orchestre, toujours aussi bon et subtil. Les solistes ne sont pas non plus à mettre en cause : le pianiste maîtrise toujours autant son clavier, aidé dans le triple concerto par la violoniste Chee-Yun et le violoncelliste Andrès Díaz, excellents tous les deux. Il s’agit bien alors d’une question de mélange, d’alchimie à la Nostradamus car en dépit des efforts conjugués de tous, l’ensemble ne décolle toujours pas et pourrait facilement ensuquer2 un troupeau de brebis. Seul le rondo du concerto en ut mineur nous tire quelque peu de notre envie de devenir un dormiasse3 de légende à l’écoute de l’album, bien tanqué4 dans son fauteuil. La prise de son, qui ne colle pas au plus près des instruments et qui semble au contraire un peu lointaine, y est peut-être pour quelque chose.

Pour résumer, cet album absolument pas désagréable, se laissera écouter gentiment mais ne renouvellera en aucune manière la discographie.

1 mouligasse : mou ; 2 ensuquer : assommer ; 3 dormiasse : dormeur ; 4 tanqué : calé

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Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Concerto pour piano et orchestre n°3 en ut mineur opus 37 et Concerto pour violon, violoncelle et piano en ut majeur opus 56. Barry Douglas, piano et direction, Chee-Yun, violon et Andrès Díaz, violoncelle et la Camerata Ireland. 1 CD Satirino Records. Ref. : SR 073. Enregistré en mai 2007 au Mahoney Hall, The Helix à Dublin. DDD. Notice trilingue en anglais, français et allemand. Durée : 70’54’’.

 
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