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Une musique de chambre singulière et marquante du XXe siècle

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André Jolivet (1905-1974) : Suite Rhapsodique ; Quatuor à cordes ; Cinq Eglogues ; Nocturne. Svetlin Roussev, violon ; Eric Lacrouts, violon ; Hyo-Kyung Kim, violon ; Cédric Catrisse, alto ; Delphine Biron, violoncelle ; Odile Auboin, alto ; Kobiki Massanori, piano. 1 CD Saphir Productions. LVC 1067. Code barre : 3760028690672. Enregistré en public à L’Archipel le 25 octobre 2005. DDD. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 62’14

 

La musique de chambre d’, à l’instar du reste de son catalogue, mérite beaucoup plus qu’une respectueuse distanciation de sécurité. Elle devrait provoquer, induire le contact et stimuler l’appréciation. (lire notre chronique du livre chez Bleu Nuit édition)

A l’écoute de ces partitions, en concert ou au disque il devient loisible d’en déguster le meilleur et partant de là, pour nombre d’entre nous, de découvrir et positionner un créateur majeur dont on a amplement oublié la carrière chargée d’évènements et de réussites, en France certes mais aussi hors des frontières de l’Hexagone. Malgré des débuts plutôt difficiles, l’unique Quatuor à cordes de Jolivet (terminé en 1934) eut le mérite de retenir l’attention d’Olivier Messiaen. Ecrit à l’époque de ses études avec Paul Le Flem, le Quatuor sera retravaillé et refaçonné après une longue fréquentation d’Edgar Varèse.

Il en résulte une synthèse substantielle et personnelle des diverses et divergentes influences ayant contribué à forger sa personnalité musicale naissante. Jolivet opte pour la première fois en faveur d’une écriture atonale. La Suite Rhapsodique (1965) pour violon seul, composée au retour d’un voyage en Israël, illustre la grande maturité de Jolivet, teintée de réflexion profonde voire de pensées métaphysiques. Cette musique noble, singulière, difficile à circonscrire d’un seul qualificatif, mène comme naturellement aux Cinq Eglogues pour alto seul que créa à la Société Nationale de Musique (Paris) en avril 1968. Les Eglogues, de teintes sombres et dénudées, mais dénuées de vrai pathos, s’expriment dans les hautes sphères de la pensée créatrice aboutie d’un homme d’expérience et de réflexion. Enfin, de Nocturne, bien antérieur puisque datant de 1943, pour violoncelle et piano, Jolivet écrivit joliment : « Le violoncelle est un ténor exigeant qui ne demande qu’à chanter mais qu’on ne peut acclimater qu’en satisfaisant son appétit de lyrisme et en domestiquant l’ardeur de ses partenaires dont il supporte mal la concurrence ».

Les interprètes déjouent tous les pièges potentiels et officient en parfaite osmose avec une esthétique dont les vertus nous ravissent davantage à chaque nouvelle écoute.

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André Jolivet (1905-1974) : Suite Rhapsodique ; Quatuor à cordes ; Cinq Eglogues ; Nocturne. Svetlin Roussev, violon ; Eric Lacrouts, violon ; Hyo-Kyung Kim, violon ; Cédric Catrisse, alto ; Delphine Biron, violoncelle ; Odile Auboin, alto ; Kobiki Massanori, piano. 1 CD Saphir Productions. LVC 1067. Code barre : 3760028690672. Enregistré en public à L’Archipel le 25 octobre 2005. DDD. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 62’14

 
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