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Coup de fouet orchestral à Paris avec Marin Aslop

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Paris, salle Pleyel. 24-I-2008. Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie de Psaumes. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture et Geoffroy Jourdain), Orchestre de Paris, direction : Marin Alsop.

L’ est stupéfiant. Capable du pire, il peut aussi donner le meilleur ; allez comprendre pourquoi il ne se contente pas de ce dernier état de fait. Fort heureusement c’est sous son meilleur visage qu’il s’est dévoilé sous la direction de . Rare femme chef d’orchestre à mener une carrière internationale, très charismatique, à l’aise dans tous les répertoires, Stravinsky comme Rachmaninov n’ont eu ce soir là aucun secret pour elle.

Sa lecture de la Symphonie de Psaumes est hiératique et austère à souhait. Aucun épanchement n’est permis : chef, chœur et orchestre ne se préoccupent que de la construction de cette architecture musicale (ce qui n’a pas empêché de menus décalages). Chaque note de chaque accord est patiemment dosée, de façon à ce qu’aucun instrument ne ressorte. Bonne prestation du chœur dans une partition qui ne le ménage pas, d’autant plus que ces chanteurs seront sollicités par l’immense Symphonie n°8 de Mahler dans moins de six semaines.

La vaste Symphonie n°2 de Rachmaninov est une heureuse découverte. Le post-romantisme a su donner autre chose que de vastes partitions pessimistes. Cette œuvre s’inscrit dans la lignée des symphonies de Tchaïkovski et de Dvořák, avec de plus grandes bouffées sentimentalistes, à la limite de la sucrerie. L’ensemble sonne très massif, finement orchestré, avec une harmonie chargée et toujours consonante. Une alternative heureuse aux habituels Mahler et Bruckner de seconde partie de concert, d’autant plus que malgré ses larges proportions (environ une heure de durée) la Symphonie n°2 est d’une facture totalement classique, avec premier mouvement de forme sonate, scherzo en trois parties avec trio central et reprise, etc. déborde d’énergie dans ce répertoire dont elle exacerbe le coté sentimental sans tomber dans la mièvrerie. L’ sous sa direction fait preuve d’une homogénéité rarement entendue, si ce n’est sous la direction de Jeffrey Tate en septembre dernier. Mention spéciale au clarinettiste solo , particulièrement mis en valeur dans le mouvement lent.

Si vous voyez un jour le nom de Marin Alsop sur un disque ou une affiche de concert, précipitez-vous : voilà une valeur sure !

Crédit photographique : © Cabrillo Festival

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Paris, salle Pleyel. 24-I-2008. Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie de Psaumes. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture et Geoffroy Jourdain), Orchestre de Paris, direction : Marin Alsop.

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