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IIIe biennale de quatuors à cordes – Quatuor Borodine

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Paris. Cité de la musique. 26-I-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : Quatuor à cordes n°53 en ré majeur « L’Alouette » Op. 64 n°5 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n°4 en ut mineur Op. 18 n°1 ; Nikolaï Miaskovski (1881-1950) : Quatuor à cordes n°13 en la mineur op. 86 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°13 en si bémol majeur op. 138. Quatuor Borodine : Ruben Aharonian, violon I ; Andrei Abramenkov, violon II ; Igor Naidin, alto ; Vladimir Balshin, violoncelle.

Commencée le mardi 22 avec le Quatuor Juilliard, et devant se terminer le dimanche 27 avec le Quatuor Hagen, cette troisième biennale de quatuors à cordes aura vu en douze concerts et quelques bonus, défiler à La Cité de la musique pas moins de treize formations de niveau international. Nous avons pu assister au concert de 11h le samedi 26 janvier, dans une salle copieusement garnie, sans doute attirée par le renom du et par l’excellente composition du programme proposé.

Le est un des ensembles en activité les plus anciens, puisqu’il a été fondé, sous le nom de Quatuor Philharmonique de Moscou en 1945, pour prendre son nom actuel en 1955. Il a donc aujourd’hui plus de 62 ans d’existence, et n’est bien évidemment plus dans sa composition d’origine. Si sa célébrité a été basée principalement par des intégrales, au disque et au concert, des quatuors de Beethoven et surtout de Chostakovitch dont l’édition Melodya constitue toujours une référence absolue (si tant est que ce terme ait un sens, c’est bien ici !), il a aujourd’hui un répertoire varié et pas seulement parmi les compositeurs russes. Pour cette biennale 2008, il a choisi de nous proposer des œuvres picorées dans trois des plus grands cycles de quatuors de l’histoire : Haydn, Beethoven et Chostakovitch. Et, pour honorer la musique russe, c’est le Quatuor n°13 de qui était convié à la fête.

La première partie du concert voyait se succéder le Quatuor n°53 de Haydn et le Quatuor n°4 de Beethoven et on pouvait remarquer immédiatement que le style de la nouvelle formation était devenu moins caractéristique et personnel, et sans doute plus classique, ce qui allait admirablement bien à l’Alouette haydnienne et à l’opus 18 de Beethoven. L’autre point immédiatement perceptible était le déséquilibre expressif, ou au moins acoustique, assez marqué en faveur des deux violons, et plus encore du premier violon, ce qui était un petit peu dommage. Rien à dire par contre sur l’intelligence de l’interprétation où chaque épisode était remarquablement caractérisé, parfois savoureusement joué dans des tempi très convaincants. Néanmoins un peu plus de dynamique aurait été bienvenue, surtout dans une salle acoustiquement peu réactive.

La deuxième partie du concert allait être 100% russe. Le Quatuor n°13 de Miaskovski a non seulement conservé la forme classique en quatre mouvements, même si le mouvement lent est en troisième position, mais également le style qui, pour une œuvre de 1949, était loin des canons du moment. Ecoutée en 2008, cette œuvre s’avère fort bien écrite et agréable à l’oreille. Elle n’atteint certes pas la puissance expressive d’un quatuor de Chostakovitch, mais s’en approche ici où là dans l’inspiration qui nous a d’ailleurs semblé plus vive dans les deux premiers mouvements que dans le final, techniquement parfait, mais moins intéressant musicalement. Joué, comme les deux œuvres qui l’ont précédé, dans un style très classique, ce quatuor avait perdu toute modernité, si tant est, qu’il en ait jamais eu. Notons que le déséquilibre sonore relevé en première partie s’était bien corrigé, ne devenant plus un problème.

Compte tenu de l’histoire du Borodine, c’est bien évidemment le quatuor de Chostakovitch qui constituait le clou du concert. Fuyant tout spectaculaire en choisissant le long Adagio de près de 20 minutes que constitue le Quatuor n°13 les Borodine ont néanmoins réussi à renouveler leur réussite de leur glorieux passé, même si là encore, le style interprétatif s’est quelque peu adouci, on pourrait dire occidentalisé ou internationalisé selon les goûts. Mais ça n’en restait pas moins très remarquable, ce qu’une salle plus sonnante aurait rendu encore mieux. Espérons que le public soit aussi nombreux pour les autres concerts de ce festival de quatuors, car la programmation le mérite largement.

Crédit photographique : Cité de la Musique

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Paris. Cité de la musique. 26-I-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : Quatuor à cordes n°53 en ré majeur « L’Alouette » Op. 64 n°5 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n°4 en ut mineur Op. 18 n°1 ; Nikolaï Miaskovski (1881-1950) : Quatuor à cordes n°13 en la mineur op. 86 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°13 en si bémol majeur op. 138. Quatuor Borodine : Ruben Aharonian, violon I ; Andrei Abramenkov, violon II ; Igor Naidin, alto ; Vladimir Balshin, violoncelle.

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