Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Traités comme des monarques par les Passion de Montauban.

Plus de détails

Toulouse. Chapelle Sainte Anne. 29-I-2008. Les petits plaisirs. Georg- Friedrich Haendel (1685-1759) : Sonate en ré pour flûte à bec et basse continue ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates pour clavecin K 132 et K 175 ; François Couperin (1668-1733) : Prélude pour Clavecin. Troisième concert Royal pour flûte à bec, viole de gambe et clavecin ; Francesco Bersanti (1690-1772) : Sonate pour flûte à bec et basse continue ; Johannes Schenck (1660-1712) : L’Echo du Danube. Sonate VI pour viole de gambe seule ; Georg-Philipp Telemann (1681-1767) : Sonate en trio n°7. Les Passions de Montauban : Jean-Marc Andrieu, flûte à bec ; Etienne Mangot viole de gambe ; Yasuko Uyama-Bouvard, clavecin.

de Montauban

La musique de chambre représente l’un des grands continents du monde de la musique baroque. Loin des fastes de la scène d’opéra ou de la pompe de l’église, les rois et reines d’Europe aimaient à entendre leurs compositeurs favoris avec leurs amis. Parfois, et ce fût le cas pour Scarlatti, les élèves royaux étaient de véritables virtuoses comme la princesse Maria Magdalena Barbara qui participait aux concerts avec son professeur. Ce soir Jean Marc Andrieu, et deux amis musiciens, nous offrent un concert digne des plus grands souverains. Pour quelques trop courts instants, nous avons été les égaux des rois et des reines.

Ce voyage, dans l’intimité musicale des plus grands compositeurs nous a fait découvrir biens des cours d’Europe car les musiciens cherchaient à se faire connaître au delà des frontières de leur pays. Qu’on songe à Haendel allemand d’origine, qui ira s’établir en Angleterre après un séjour formateur en Italie. Les trois instruments, flûte, viole de gambe et clavecin s’accordent avec subtilité dans un programme de très belle et très rare musique. Aucune monotonie ne vient jamais, bien au contraire la variété des associations d’instruments et la différence de styles ont rendu ce concert passionnant. Chaque instrumentiste, lors des moments de mise en valeur, se révèlera être un prodigieux soliste. Tandis que la viole de gambe et le clavecin sont d’excellents éléments de la basse continue.

Jean Marc Andrieu blessé à épaule ne laissera rien paraître de sa douleur dans les jeux raffinés, qu’il offre avec ses deux flûtes à bec, ce soir la classique flûte en do mais aussi une flûte de voix en ré. Mais il n’est pas seulement un merveilleux soliste, il est surtout un partenaire attentif et un chercheur infatigable qui sait proposer un concert fascinant avec des œuvres rares et qui méritent d’être connues. Œuvres pour la plupart intimistes et émouvantes mais aussi brillantes. La souplesse et la précision du jeu de fait une grande impression dans le couple de sonates de Scarlatti. La technique est prodigieuse mais surtout c’est la délicatesse du toucher, les couleurs de son jeu qui sont rares au clavecin. Lorsqu’elle s’empare du grand clavecin français pour le prélude de Couperin elle semble nous ouvrir un autre monde, avec un autre touché et des couleurs nouvelles. Etienne Mangot nous ravit en nous offrant un voyage rempli d’émotion et de mélancolie avec l’écho du Danube de Johannes Schenck. Là aussi, la technique formidable se met au service d’une musicalité raffinée d’ou naît une belle émotion. Merci à ces trois superbes musiciens de s’accorder sur cette grande qualité : aimer la musique, aimer la faire ensemble et savoir l’offrir au public. En bis, la chacone en trio de Jaques Morel a fait merveille.

Avec une affiche peu attractive et des compositeurs rares ou des œuvres peu connues, de Montauban ont su enchanter leur public, dont de très nombreux abonnés, au point de faire salle comble une nouvelle fois. Leur prochain concert sera tout à l’opposé, avec une grandiose version du Requiem de Gilles dans l’église qui a vu sa création : la cathédrale St. Etienne. Sa jauge est bien supérieure à la charmante chapelle Ste Anne, gageons que le succès sera au rendez-vous et l’église certainement comble, tant la confiance semble bien installée entre ces magnifiques artistes et leur fidèle public.

Crédit photographique : © DR

Plus de détails

Toulouse. Chapelle Sainte Anne. 29-I-2008. Les petits plaisirs. Georg- Friedrich Haendel (1685-1759) : Sonate en ré pour flûte à bec et basse continue ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates pour clavecin K 132 et K 175 ; François Couperin (1668-1733) : Prélude pour Clavecin. Troisième concert Royal pour flûte à bec, viole de gambe et clavecin ; Francesco Bersanti (1690-1772) : Sonate pour flûte à bec et basse continue ; Johannes Schenck (1660-1712) : L’Echo du Danube. Sonate VI pour viole de gambe seule ; Georg-Philipp Telemann (1681-1767) : Sonate en trio n°7. Les Passions de Montauban : Jean-Marc Andrieu, flûte à bec ; Etienne Mangot viole de gambe ; Yasuko Uyama-Bouvard, clavecin.

Mots-clefs de cet article

Resmusica-bannière-01

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.