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Charles Ives, amateur et visionnaire

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Si vous aimez la musique country ou le rock’n roll, ce dossier n’est pas fait pour vous. La « art music » des Etats-Unis, éclectique et audacieuse, a su s’imposer au siècle dernier comme un vivier de personnalités revendiquant un style musical affranchi des influences européennes. Pour accéder au dossier complet : Danse et Musique américaines

 

Central park in the Dark

Organiste émérite et compositeur autodidacte, (1874-1954) rédige des œuvres radicales. Mais, Ives est un compositeur « amateur » qui se consacre à sa musique pendant son temps libre car son activité professionnelle est dédiée à la gestion de sa très lucrative société d’assurance Ives & Co. Central Park in the Dark, d’une petite dizaine de minutes, est l’une de ses pièces les plus célèbres.

1. Un compositeur atypique et mythique

Ives développe le goût de l’expérimentation dès son plus jeune âge. Son père, chef de fanfares et de chorales d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, invite son fils à se mettre au milieu d’un square pour écouter les fanfares arrivant par les différentes avenues. D’où son amour pour les musiques de plein air et leur instrumentation. Après des études brillantes en grec, en latin, en mathématiques, en littérature et d’harmonie à l’université de Yale, il rédige en guise de thèse de fin d’étude une symphonie. Il introduit rapidement des « musiques simultanées » où il utilise, en particulier, la polytonalité, la polyrythmie et les micro-intervalles. Mais, jusqu’au milieu des années 1930, sa musique est très peu jouée et des huées accueillent les rares auditions de ses œuvres à l’image de deux mouvements de la symphonie n°4, exécutés à New York en 1927. Pourtant, à partir de 1940, différentes personnalités comme les compositeurs Elliot Carter, Lou Harrison, Bernard Hermann (le compositeur des musiques de film d’Alfred Hitchcock) et Leonard Bernstein se démènent pour faire connaître ses partitions. Sa musique est de plus en plus programmée et il reçoit, en 1947, le prix Pulitzer pour sa symphonie n°3. Cependant, miné par des problèmes de santé, Ives ne compose plus rien de majeur au cours du dernier quart de sa longue vie, mais il est reconnu comme un créateur majeur de son temps.

Assez vaste l’œuvre de Ives comporte de très nombreuses pièces vocales (psaumes, hymnes, ballades, chansons humoristiques), des ouvrages de musique de chambre, et des pièces symphoniques dont 4 symphonies et de nombreuses partitions isolées ou intégrées dans des ouvrages de plus vastes dimensions.

2. Une rêverie nocturne

Composée en 1906, mais créée seulement en 1954, la partition Central Park in the Dark fait partie d’un ensemble nommé Three Outdoor Scenes (« trois scènes de plein air ») dont elle est le dernier volet. La pièce évoque la rêverie nocturne et estivale d’une promenade nocturne dans Central Park. La partition s’ouvre sur un ton mystérieux et des sonorités atonales jouées par les cordes qui s’entrechoquent, peu à peu, avec les autres pupitres de l’orchestre, mais le tout avec la suavité d’une nuit d’été. Un piano entonne un air de ragtime et l’on arrive progressivement à un paroxysme orchestral, un « climat hurlant » selon Ives avant que tout ne s’éteigne à nouveau et que les sons se dissipent dans la nuit.

3. Orientation discographique

– Central Park in the Dark (avec la symphonie n°2 et d’autres pièces pour orchestre), New-York Philharmonic Orchestra, direction : Leonard Bernstein. 1 CD DGG. Référence : 429 2202

Central Park in the Dark (avec la symphonie n°4 et Three Places in the New England), Boston Symphony Orchestra, direction : Seiji Ozawa. Référence : 423 2432

– Central Park in the Dark (avec la symphonie n°1 de Gustav Mahler), SWR Sinfonieorchester Baden-Baden Freiburg, direction : Michael Gielen. Référence : 093 097 000

Crédit photographique : © DR

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