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Sophie Koch : carte de visite d’une mezzo

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Paris. Théâtre Marigny. 11-II-2008. Lieder, mélodies et airs d’opéras de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Franz Schubert (1797-1828), Hector Berlioz (1803-1869), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Jacques Offenbach (1819-1880), Georges Bizet (1838-1875), Richard Strauss (1864-1949), Maurice Ravel (1875-1937) et Francis Poulenc (1899-1963). Sophie Koch, mezzo-soprano ; Sophie Raynaud, piano.

Adulée à Salzbourg, Vienne, Munich ou encore Toulouse, la mezzo-soprano Sophie Koch n’a encore eu que peu l’occasion de montrer l’étendue de son talent au public parisien. C’est désormais chose faite – en attendant ses futurs engagement à l’Opéra National de Paris – à l’occasion d’un récital donné par l’association Coline en Ré qui organise de nombreux concerts dont les bénéfices sont reversés à l’association caritative La Chaîne de l’Espoir. Le répertoire se devait donc d’être grand public, ce qui n’a pas empêché d’offrir quelques lieder et mélodies qui nous montrent une chanteuse attentive à la diction, extrêmement expressive, mais qui surprend en chantant forte des pages intimistes, ce qui met en évidence ses quelques moments les moins réussis. Passée une discutable Cavatine du page Urbain (Les Huguenots de Meyerbeer), la mezzo, bien accompagnée par , enchaîne les succès, en entraînant par exemple Le spectre de la rose dans un crescendo saisissant pour finir sur un piano éthéré. Elle sculpte avec délicatesse le Ganymed de Schubert et montre avec Die Forelle d’indéniables dons de diseuse. Le public la suit dans ce répertoire un peu moins évident que les airs d’opéras, tant la cantatrice s’implique dans ses mélodies, les interprète de tout son corps et sait varier les ambiances.

Parmi les incontournables « tubes » mozartiens du répertoire lyrique, donne les « Smanie Implacabili » de Dorabella, périlleux en récital au piano où la voix est à nu mais réussis et le « Voi che sapete » de Chérubin, deux emplois où sa place n’est plus à démontrer. Pas d’Air des lettres pour cette mezzo qui a triomphé dans Werther tour à tour aux côtés de Marcelo Alvarez ou de Rolando Villazón, mais un répertoire français bien choisi et très bien servi. Francis Poulenc, avec deux mélodies sur des poèmes d’Apollinaire (Hôtel et Voyage à Paris), parfaits de précision dans la diction, d’aisance dans le phrasé et d’intelligence dans l’interprétation ; Maurice Ravel avec une page exquise de L’heure espagnole où Sophie Koch fait rire la salle par ses mimiques, ainsi qu’elle le fait chez Offenbach avec La Périchole. Un rôle auquel elle semble s’attacher, donnant parmi les bis « A quel dîner », en plus des airs du programme (« O mon cher amant » et « Tu n’es pas beau, tu n’es pas riche… »). Espérons que ces airs intelligibles de bout en bout et brillamment interprétés augurent d’une prise de rôle ! Les extraits de Carmen n’appellent pas le même enthousiasme, dans un emploi a priori beaucoup moins fait pour la cantatrice qui écorne quelques notes de la Séguédille, avant de chanter une Habanera sans reproche. En bis, Sophie Koch et donnent Je te veux de Satie, morceau pour lequel il conviendrait encore une fois de redire les qualités mentionnées pour les mélodies et lieder, puis une mélodie jazzy où se love la « voix de miel » qu’évoquait le discours de présentation d’Eve Ruggieri et qui remporte un franc succès avant de terminer, comme nous l’évoquions, sur sa belle Périchole.

Crédit photographique © DR

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Paris. Théâtre Marigny. 11-II-2008. Lieder, mélodies et airs d’opéras de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Franz Schubert (1797-1828), Hector Berlioz (1803-1869), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Jacques Offenbach (1819-1880), Georges Bizet (1838-1875), Richard Strauss (1864-1949), Maurice Ravel (1875-1937) et Francis Poulenc (1899-1963). Sophie Koch, mezzo-soprano ; Sophie Raynaud, piano.

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