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Vérisme viennois, année 1955

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Umberto Giordano (1867-1948)  : Andrea Chenier. Helge Rosvaenge, Andrea Chénier ; Theo Baylé, Carlo Gérard ; Hilde Zadek, Maddalena di Coigny ; Elisabeth Höngen, Contessa di Coigny ; Martha Rohs, Bersi ; Ljubomir Pantscheff, Roucher ; Erich Majkut, L’Incredibile. Chœur et Orchestre du Staatsoper de Vienne, direction : Rudolf Moralt. 2 CD Relief CR 1919. Code-barre : 7 619934 191925. Enregistré sur le vif à Vienne (Theater an der Wien), le 26 février 1955. Chanté en allemand. ADD. Notice en allemand. Durée : 142’10’’.

 

Parfois, les noms inconnus créent des surprises. Alors que le label suisse Relief a publié cette captation historique d’Andrea Chénier (chanté en allemand !) pour immortaliser l’interprétation du rôle titre par Helge Rosvaenge, la prestation la plus complète nous vient du baryton Theo Baylé. Avec une voix puissante, mais flexible, une arrogance très bienvenue dans l’émission, un aigu glorieux et un art rare de travailler le texte, il incarne un Gérard de premier ordre. Dommage que ce chanteur néerlandais n’ait fait qu’une carrière courte et éphémère.

Malheureusement, le reste de la distribution n’évolue pas toujours au même niveau. A côté d’une Bersi et d’un Roucher correcte, nous déplorons un Incroyable bien chanté, mais trop sympathique. Même Hilde Zadek n’était pas au meilleur de sa forme en cette soirée de février 1955. Si l’interprète est des plus engagées, la voix sonne un peu raide et l’aigu est souvent trop métallique. Et Helge Rosvaenge, la vedette de cette nouvelle production ? A vrai dire, l’impression est assez mitigée. D’une part, il y a la qualité d’un timbre reconnaissable entre mille, il y a un aigu d’une insolence époustouflante et il y a intensité dramatique un rien exaltée qui sied merveilleusement au caractère du poète révolutionnaire. D’autre part, pourtant, le ténor ne peut cacher à aucun moment sa formation stylistique au sein de l’Allemagne de l’Entre-deux-guerres. Son émission toujours un peu poussive manque de souplesse et de rondeur, il privilégie constamment la déclamation au légato. Bizarrement, son chant est plus nuancé, plus « italien » dans les extraits offerts en bonus et enregistrés en pleine guerre à la radio de Berlin.

A part Baylé, le deuxième atout de ce document historique est la direction de Rudolf Moralt. Véritable Kapellmeister de l’ancienne école viennoise, il est aussi à l’aise dans Mozart ou Wagner, Verdi, Puccini ou bien Giordano. Sa lecture est passionnante de bout à bout, et cela sans jamais mettre en danger les chanteurs. Saluons enfin la qualité sonore de cet enregistrement inédit qui ne trahit à aucun moment l’âge de l’enregistrement.

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Umberto Giordano (1867-1948)  : Andrea Chenier. Helge Rosvaenge, Andrea Chénier ; Theo Baylé, Carlo Gérard ; Hilde Zadek, Maddalena di Coigny ; Elisabeth Höngen, Contessa di Coigny ; Martha Rohs, Bersi ; Ljubomir Pantscheff, Roucher ; Erich Majkut, L’Incredibile. Chœur et Orchestre du Staatsoper de Vienne, direction : Rudolf Moralt. 2 CD Relief CR 1919. Code-barre : 7 619934 191925. Enregistré sur le vif à Vienne (Theater an der Wien), le 26 février 1955. Chanté en allemand. ADD. Notice en allemand. Durée : 142’10’’.

 
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