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Giuseppe di Stefano, ténor (Catane 25 juillet 1921- Santa Maria Hoe 3 mars 2008)

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Ce soir, le monde de l’opéra pleure l’un de ses plus nobles représentants. Figure emblématique de l’art lyrique de la deuxième partie de 20e siècle, le ténor vient de s’éteindre. Il avait 86 ans. En novembre 2004, alors qu’il séjournait dans sa maison familiale au Kenya, il avait été assailli par des inconnus. Très gravement blessé, il avait été opéré et soigné dans un hôpital de Mombassa avant d’être transféré en Italie dans un état désespéré. Dans l’hôpital de Milan où il était hospitalisé, il avait été sorti du coma artificiel où on l’avait plongé. Malheureusement, il n’a jamais pu retrouver un état de santé acceptable. Complètement paralysé, il avait besoin d’une assistance continuelle.

Triste fin pour l’une des plus grandes voix de l’art lyrique du siècle dernier. En 1940, alors qu’il étudie le chant avec le baryton Luigi Montesanto, la guerre le contraint à l’abandon de ses études. Prisonnier pendant trois ans en Allemagne, il s’évade et se réfugie en Suisse. Il est interné à Vidy, près de Lausanne et lors d’une fête au camp, il est remarqué par quelques employés de la radio. Il obtient de la direction de Radio Lausanne de pouvoir travailler et il chante lors de plusieurs émissions. Des enregistrements de ces séances radiophoniques ont été édités et il est encore possible de les dénicher. ( – Early Treasures – Preiser 39432). Un document d’exception qui montre qu’à 23 ans, possédait toutes les couleurs de l’instrument qui allait faire sa gloire. La maturité vocale du jeune ténor est pour le moins étonnante et déjà, on y trouve toutes les nuances qui feront de le ténor magnifique que le monde entier applaudira.

Qui comme lui sait moduler les mezzavoce ? Qui comme lui a cette clarté du timbre et l’ouverture des aigus ? Si ses succès les plus grands, il les a glânés aux côtés de la grande Maria Callas qui en avait fait son compagnon de scène préféré, son abondante discographie témoigne de ses extraordinaires capacités vocales.

Idole de , Giuseppe di Stefano s’est par la suite fourvoyé quelque peu à la poursuite de la voix de Caruso. Alors, qu’il avait une voix naturelle de ténor faite pour chanter Werther, Les Pêcheurs de Perles, Des Grieux de Manon, ses succès l’ont fait s’embarquer dans un répertoire parfois trop lourd pour sa voix. On continuera malgré tout à se régaler avec ses interprétations des opéras de Vincenzo Bellini, de Donizetti et de Verdi.

Pour cette voix divine, merci Monsieur di Stefano, et quel plus bel hommage peut-on vous faire que de réécouter avec recueillement votre sublime Ingemisco de la Messa di Requiem de Verdi que vous avez enregistré sous la baguette d’Arturo Toscanini ?

Et ne jamais oublier le miraculeux mezzavoce de votre contre-ut dans ce Salut, demeure chaste et pure du Faust de Gounod tel que capturé à San Francisco en 1950.

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