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Orchestre de chambre de Zürich : Suisse, ascendant allemand

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Paris. Théâtre des Champs Elysées. 11-III- 2008. Rodolphe Schacher (né en 1973) : Apparitions, ouverture pour cordes. Wolfgang Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n° 12 en la majeur K. 414 ; Félix Mendelssohn (1809- 1847) : Symphonie n°9 pour cordes en ut mjeur « La Suisse ». Martin Helmchen, piano. Orchestre de Chambre de Zurich, direction : Muhai Tang.

Le Théâtre des Champs Elysées offre cette année un beau panorama des orchestres de chambre étrangers : après l’orchestre de chambre de Cologne, celui de Lausanne ou encore le Los Angeles Chamber Orchestra voici l’orchestre de Chambre de Zürich, sous la baguette du chef chinois , directeur musical depuis 2006.

L’ensemble, constitué uniquement de cordes, a présenté en création française l’ouverture Apparitions du jeune , compositeur né en 1973, inspiré ici par le poème éponyme de Mallarmé. A l’image de celui-ci, l’œuvre, lyrique, vacille d’un sentiment à l’autre et l’orchestre suit avec rigueur la partition sans toutefois s’y trouver vraiment révélée.

Il attaque avec un enthousiaste tout différent le concerto n°12 de Mozart (1782) aux côtés du jeune pianiste allemand . Métamorphose de l’ensemble, dans la sonorité et le caractère. Et découverte d’un jeune pianiste, lauréat entre autres, du concours Clara Haskil en 2001. Il combine fougue et rigueur, alterne legato et détaché avec une science très sûre du style et du phrasé. Remarquables, les cadences sont des chefs- d’œuvre d’architecture avec cette pointe d’insolence métrique qui les rend remarquables. Le soliste entre en communion avec l’orchestre dans le second mouvement mais dans Allegretto final, il s’avère un peu trop jovial et ne convainc pas avec la même force.

L’orchestre poursuit dans une surprenante symphonie pour cordes de Mendelssohn. Commande de son maître, écrite à 12 ans, cette œuvre dévoile un artiste mature et déjà en pleine possession de ses effets. Sous- titrée « la Suisse » le compositeur y parodie dans le Scherzo les airs du ranz des vaches et de la tyrolienne entendus lors d’un voyage familial en Suisse. De nouveau à son aise, l’orchestre s’y investit avec une verve sans partage. La partition recèle de passages techniques où tous les pupitres s’adonnent avec audace à une démonstration de bravoure. Le chef pimente cet élan collectif, discipliné, en travaillant les nuances avec minutie, leur conférant spontanéité et épanouissement.

Voici une formation vigoureuse, au charisme sous latent, dirigée par un chef qui sait obtenir le meilleur d’elle-même.

Crédit photographique : © DR

Orchestre de Chambre de Zurich

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Paris. Théâtre des Champs Elysées. 11-III- 2008. Rodolphe Schacher (né en 1973) : Apparitions, ouverture pour cordes. Wolfgang Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n° 12 en la majeur K. 414 ; Félix Mendelssohn (1809- 1847) : Symphonie n°9 pour cordes en ut mjeur « La Suisse ». Martin Helmchen, piano. Orchestre de Chambre de Zurich, direction : Muhai Tang.

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