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Magali Léger, une voix sur la pointe des pieds

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Gabriel Fauré (1845-1924) : La Bonne Chanson Op. 61– Vingt Mélodies, Deuxième recueil – Après un rêve Op. 7 No. 1. Magali Léger, soprano ; Michaël Levinas, piano. 1 CD M&A Classique JS226 – (p) & (c) 2008 Musique et Associés. Notes de Michaël Levinas suivies d’un entretien avec Michaël Levinas et Magali Léger. 77’28.

 

D’emblée, ce nouveau CD des mélodies de Fauré ne bousculera pas la donne discographique. Sans la moindre nostalgie du passé, nous resterons fidèles à Charles Panzéra, Camille Maurane et Gérard Souzay, ou du côté féminin, à Claire Croiza, Elly Ameling voire plus près de nous, Felicity Lott – ou encore la discutable Bonne Chanson, drapée d’un quintette à cordes et piano interprétée par Anne Sofie Von Otter – voire d’une plausible Véronique Gens interprétant le même répertoire. Ce cycle de neuf mélodies de Verlaine, écrit par Fauré de 1892 à 1894 et inspiré par Emma Bardac, maîtresse et dédicataire de l’œuvre, fut le premier des « grands cycles », à la manière de Schumann. Toujours étrangers au sablier inéluctable du temps qui s’écoule, nous sommes saisis par l’intimité des poèmes associés à la musique de Fauré devenu le chantre de Verlaine. Les Vingt Mélodies, 2e Recueil, sont publiées en 1897 et remaniées en 1906 à l’occasion de la constitution du 3e Recueil. Enfin, sur une poésie toscane anonyme, traduite en vers par le poète Roman Bussine, Après un rêve, de 1878, demeure l’un des purs chefs-d’œuvre de l’art fauréen.

Le piano quelque peu envahissant de laisse peu de place à la voix un peu grêle et en état d’apesanteur de . Jamais le chant ne s’épanouit dans cet espace cadastré. C’est un survol léger (sans jeu de mots) – miroir d’un étang sans ride accompagné d’un jeu sonore fluide – et si la musique est mouvement de l’âme et gestuelle du corps, la voix bien éduquée de la soprano reste trop souvent en retrait devant les incessantes arabesques harmoniques. Son interprétation se colore invariablement des mêmes teintes, toutes les mélodies se ressemblent et manquent cruellement de relief. La voix de est un petit ruisseau qui jouit, frissonne et finit par disparaître dans les méandres pianistiques. Point de densité ni d’appui, mais fluidité continue de l’onde.

On aurait aimé que toutes les explications données par donnent un éclairage nouveau sur l’alchimie du charme fauréen. Encore faudrait-il s’entendre sur le français chanté et la relation texte et musique chez Fauré. Ce sont des explications fort intéressantes, même si la démonstration par l’écoute l’est beaucoup moins. Notons en conclusion, que Gérard Souzay préférait travailler sur le phrasé et l’interprétation du chant plutôt que sur la diction française.

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Gabriel Fauré (1845-1924) : La Bonne Chanson Op. 61– Vingt Mélodies, Deuxième recueil – Après un rêve Op. 7 No. 1. Magali Léger, soprano ; Michaël Levinas, piano. 1 CD M&A Classique JS226 – (p) & (c) 2008 Musique et Associés. Notes de Michaël Levinas suivies d’un entretien avec Michaël Levinas et Magali Léger. 77’28.

 
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