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Essai réussi pour Beethoven par Jos van Immerseel

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n° 1 à 9 ; ouvertures. Anna-Kristina Kaappola, soprano ; Marianne Beate Kielland, alto ; Markus Shäfer, ténor ; Thomas Bauer, basse. Anima Eterna, direction : Jos van Immerseel. 6 CD. Zig Zag territoires ZZT08402. 6. Code barre : 3 760009 291683. Enregistré entre 2005 et 2007 à Brugge, au Concertgebow. Notice quadrilingue (français-anglais-allemand-néerlandais). Durée totale : 309’17’’

 

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Encore une intégrale des symphonies de Beethoven ! La question centrale porte sur la nécessité d’une telle entreprise, quand on sait combien bouleversent toujours les enregistrements de Klemperer, Karajan, etc. sur instruments modernes et que l’on connaît les entreprises plus musicologiques mais pas toujours plus convaincantes de Monica Huggett, Roger Norrington ou encore John Eliot Gardiner. Et pourtant, l’intégrale proposée ici par trouve sa place au sein des plus grands, tant par le concept d’authenticité qu’elle défend de manière éloquente, que par son interprétation vivante, enlevée, en un mot inspirée ! D’autant que ce riche coffret offre à l’auditeur le luxe d’ouvertures beethoveniennes, et ce, en plus des symphonies 1 à 9.

La référence à une partition fiable s’impose et utilise celle éditée par Bärenreiter tout en faisant lui-même des recherches sur les sources à la bibliothèque du Gesellschaft der Musikfreunde de Vienne. L’étude des instruments d’époque et de leur utilisation le conduit à choisir le diapason viennois oscillant entre 435 et 448 Hz, donc plus aigu que celui pratiqué « il y a peu », selon ses propres termes. Grâce à une réflexion sur le nombre d’instruments par pupitre, la sonorité de l’orchestre est différente de ce que les enregistrements cités plus haut ont l’habitude de laisser entendre, tant d’un point de vue timbrique que d’un point de vue dynamique. D’ailleurs, même le chœur dans la Symphonie n°9 en mineur est choisi en fonction de références à Beethoven d’un point de vue qualitatif, ce qui implique quantitativement seulement 6 voix par pupitre, comme les violons. Les tempi sont également pesés et pensés.

Le résultat musical obtenu est éloquent, avec des thèmes ou motifs incisifs et vigoureux, comme le célèbre motif initial du 1er mouvement de la 5e symphonie en ut mineur ou des thèmes imposants à l’instar du premier de l’ouverture Les Créatures de Prométhée. De même, des thèmes plus sombres mais dont l’aspect funèbre n’est jamais trop accentué – comme le 1er thème du deuxième mouvement des 3e Symphonie en mib majeur et 7e Symphonie en la majeur – sont bien énoncés par un orchestre toujours précis et inspiré. Il faut dire que les cuivres sonnent vraiment bien, avec une sonorité ronde et chaleureuse, les bois ressortent quand il le faut, les timbales sont jouées sans trop d’effet. Peut-être qu’un petit peu plus de résonance aurait été d’ailleurs bienvenue. Les cordes sont bien pesées, même si on aimerait un petit peu plus de volume et d’harmoniques dans les passages solistes des cordes graves. L’ensemble reste cependant homogène, au service d’une lecture à la fois précise et expressive de la partition. Le tout servi par une très bonne prise de son.

Au total, une intégrale réussie grâce à l’intelligence conceptuelle musicologique et à la précision expressive de l’interprétation. A noter également la qualité du livret dont le texte de présentation est laissé à Jan van Immerseel qui explicite de manière très pédagogique ses prises de position et qui gagnerait à être lu par tout mélomane désireux d’en apprendre davantage sur l’interprétation. Cécile Reynaud complète cette introduction par une présentation des œuvres jouées ici avec des extraits de commentaires de Berlioz, Schumann, etc.

Mais laissons, pour terminer, la parole à Jos van Immerseel : « La présente intégrale n’est pas la première, et elle ne sera certainement pas la dernière, mais elle propose une nouvelle lecture et une nouvelle sonorité. » À découvrir absolument !

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n° 1 à 9 ; ouvertures. Anna-Kristina Kaappola, soprano ; Marianne Beate Kielland, alto ; Markus Shäfer, ténor ; Thomas Bauer, basse. Anima Eterna, direction : Jos van Immerseel. 6 CD. Zig Zag territoires ZZT08402. 6. Code barre : 3 760009 291683. Enregistré entre 2005 et 2007 à Brugge, au Concertgebow. Notice quadrilingue (français-anglais-allemand-néerlandais). Durée totale : 309’17’’

 
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