Pour Marc-André Dalbavie !

À emporter, CD, Musique symphonique

Marc-André Dalbavie (né en 1961) : Concerto pour flûte ; Michael Jarrell (né en 1958) : …un temps de silence… concerto pour flûte ; Matthias Pintscher (né en 1971) : Transir pour flûte et orchestre. Emmanuel Pahud, flûte ; Orchestre philharmonique de Radio-France, direction : Péter Eötvös (Dalbavie), Pascal Rophé (Jarrell), Matthias Pintscher. 1 CD EMI. Référence et code barre : 5 099950 122622. Enregistré salle Olivier Messiaen à Radio-France en 2006 et 2007. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 54’59’’

 

Dans le cadre de son contrat discographique avec EMI, le flûtiste nous offre un bel album dédié à des concertos pour flûte de compositeurs contemporains. Et l’on commence très fort avec le concerto du Français . Travaillant la notion de résonance, mais avec une grande virtuosité d’écriture, cette pièce énergique et lumineuse séduit d’emblée. Ce travail se place dans un héritage « français » pour la passion des timbres et les pulsions qui s’en dégagent. Ce qui évoque naturellement, un autre grand concerto pour flûte : celui de Jacques Ibert. Ce dernier n’est pas, dans l’esprit, si éloigné de la pièce de Dalbavie par sa motorique et ses teintes colorées. C’est frais, c’est beau et c’est incontestablement l’une des meilleures pièces d’un compositeur indéniablement majeur.

Bien qu’encore jeune, a beaucoup à faire pardonner : que l’on pense à son indigeste opéra l’Espace dernier ou à des pièces orchestrales faussement démonstratives comme ses 5 Orchesterstücke. La présente partition dont le titre Transir, renvoie au mot transition (dans l’ancien français) pourrait comporter comme sous-titre : variations sur le souffle. En effet, l’exploration du souffle et de son questionnement suggestif semble au cœur de la pièce. L’orchestration creuse aussi les possibilités expressives des instruments qui semblent râler et piailler. Intrinsèquement c’est assez bien troussé, mais tout semble un peu trop facilement gratuit.

Compositeur de grandes formes lyriques et symphoniques, semble se perdre un peu dans son langage avec un concerto …un temps de silence… où l’on peine à suivre la structure et l’évolution du discours. Pourtant très élaborée par son programme, cette partition peine à s’imposer sur le fond et sur la forme.

En matière de prestation musicale, cet album, c’est du grand luxe parisien : est, comme toujours, étincelant de virtuosité et musicalement conquérant. Rompu à la musique contemporaine depuis sa création, le Philharmonique de Radio France, dirigé avec grande compétence par trois chefs différents dont que l’on connaît très bien pour son excellence dans le répertoire contemporain, assure un accompagnement sur mesure.

Ce disque que tous les flûtistes achèteront sans doute, restera pour l’exceptionnel concerto de Dalbavie que l’on espère revoir souvent au répertoire des virtuoses de l’instrument.

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