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Je goûte en vous voyant ma part d’éternité …

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Giovanni Battista Fontana (1589-v1630) : Sonate A 1. 2. 3. per il Violiono, o Cornetto, Fagotto, Chitarone, Violoncino o simile altros Istromento. Hélène Houzel, violon. Marie Garnier-Marzullo, cornet à bouquin. Jérémie Papasergio, doulciane (fagotto), dulciane ténor, serpent. Emmanuelle Guigues, viole de gambe. Frédéric Baldassare, violoncelle. Angélique Mauillon, harpe triple. Rémi Cassaigne, guitare et théorbe. Sébastien d’Hérin, clavecin, régale et théorbe. Zeev Silberstein, chant grégorien. Ensemble Almageste. 1 CD Arion. ARN68759. Code barre : 3 325480 687594. Enregistrement à Paris en avril 2007. Notice trilingue : français, anglais ; Durée : 61’12’’

 

On ne sait rien de si ce n’est ce que nous en livrent ces Sonate publiées à Venise une dizaine d’années après sa mort en 1641. Elle nous révèle un compositeur fasciné par la mélodie. Son style évoque le chant grégorien, son sens du rythme donne une sensation de dynamisme évoquant la danse, où le corps éloquent y est porteur de spiritualité. Les notes y sont des mots, elles sont porteuses d’imaginaires, et chaque phrase musicale y évoque un mystère à révéler.

La musique de Fontana s’appuie sur une architecture qui derrière le foisonnement de l’ornementation se révèle d’une pureté à la limpidité mathématique. Cette musique convient on ne peut mieux à l’Ensemble Almageste qui doit son nom au Traité d’Astronomie et de mathématiques de Claude Ptolémée.

Les voix y sont essentiellement celles du violon, de la dulciane et du cornet à bouquin accompagnées d’une basse continue. L’incroyable diversité des timbres et leurs dialogues évoquent l’infinie harmonie des sphères. Un chant rayonnant dont l’émotion naît de cette sensation de liberté qu’ouvrent ces nouveaux espaces à découvrir. La mélodie qu’engendre le chant grégorien à la Sonota secunda, vibre. Chant des cordes du violon, chant des cordes d’un univers où les anges seraient traits de lumière, particules de couleurs libérées par le prisme de la connaissance.

Hélène Houzel, fondatrice de l’ensemble Almageste, est une violoniste au geste délicat et céleste. à la doulciane nous permet de percevoir les profondeurs de ces espaces à la gloire d’un Dieu humaniste, son dialogue avec le cornet à bouquin (Marie Garnier-Marzullo) dans la sonata quarta y est d’une sensibilité qui frise l’intangible, l’irréel. Quant à la basse continue, elle y est d’une beauté luxuriante, aux sonorités insoupçonnables et insoupçonnées qui ne demandaient qu’à se révéler. Présence stellaire, compagnons de conversation du violon qui n’est jamais solitaire dans ces espaces infinis, la viole de gambe, le violoncelle, le théorbe et la guitare, le clavecin font raisonner l’univers de la voix des anges. Le chant grégorien venant marquer les étapes d’un voyage initiatique au bout de la nuit étoilée. Voici un CD à découvrir de toute urgence. Il redonnera sens à ces propos poétiques tirés de l’Almageste « moi qui passe et qui meurs/Je vous contemple étoiles !/ …Je m’associe, infime à cette immensité/Je goûte en vous voyant, ma part d’éternité » (Ptolémée).

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