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Poeta en Nueva York, hommage à Lorca par Blanca Li

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 7/V/08. Blanca Li : Pœta en Nueva York. Un spectacle de Blanca Li, inspiré de l’œuvre de Federico Garcia Lorca. Musique originale live : Tao Gutiérrez. Avec Blanca Li, Andrès Marin, danse ; Carmen Linares, Rob-Li, chant.

Créé dans les jardins de l’Alhambra, à Grenade, dans le cadre du cycle « Lorca et Grenade », « Pœta en Nueva York », la nouvelle création de , s’inspire des poèmes et de l’expérience vécue par Federico Garcia Lorca de 1929 à 1930 à New York, lors de son séjour à Columbia University.

Le spectacle s’ouvre par une longue intro de jazz, interprétée live par huit musiciens, qui passe avec aisance du free-style new yorkais au flamenco le plus pur, pour accompagner le chant de la grande Carmen Linares, qui incarne le duende, cette nostalgie qui touche Lorca lors de son séjour américain. C’est l’une des têtes d’affiche de ce spectacle bi-culturel, avec le danseur de flamenco Andrès Marin et le chanteur Rob-Li, dans lequel propose, sous la forme de tableaux efficaces et très bien menés, de nombreux aller et retour entre la culture andalouse et le melting-pot new-yorkais de la fin des années 20. On y admire, une compagnie multiforme et des musiciens doués, capables de conjuguer hip hop et danse africain, flamenco et jazz, avec une même facilité.

La chorégraphe y met en scène la fascination qu’exerça sur le jeune poète andalou cette ville frénétique, de jour comme de nuit. Elle évoque à la fois Wall Street et ses businessmen, les racines africaines de Harlem et du Cotton Club ou la soif de paillettes de Broadway et de ses chorus lines. Prostituées, sans abris jetés dehors par la crise, loubards et petits malfrats, tout le peuple de la rue se réchauffe auprès d’un brasero au son du saxo. De meurtres en règlements de compte, le sang coule aussi dans ce New York violent et sombre qui inspire toujours les artistes. Un rideau de pluie à l’avant-scène lavera ces corps ensanglantés, créant des silhouettes proches du bûto japonais dans un tableau superbe et saisissant.

Après une succession de tableaux de genre, à l’allure de comédie musicale, interprétés par des danseurs pleins d’énergie, la fièvre et la passion andalouse reviennent en majesté avec Blanca Li, qui s’est réservée un solo de flamenco d’une grande pureté. Avec sa plastique superbe et son corps expressif, la danseuse enchaîne un peu plus tard un solo plus contemporain sur une émouvante chanson flamenca. Dans ce spectacle, inspiré par Lorca, mais qui pourrait aussi raconter sa propre découverte de New York en tant que jeune danseuse, il n’y a cependant nulle trace de la ville intellectuelle et avant-gardiste que fut New-York, aussi bien dans les années 20 que dans les années 70. Blanca Li aurait-elle oublié les pionniers de la post-modern dance, les artistes les plus engagés de la Judson Church, dont elle a suivi l’enseignement ? Il est un peu dommage qu’elle ait négligé pour ce spectacle grand public, qui possède un indéniable souffle, ce petit supplément d’âme qu’offre encore aujourd’hui la Grande Pomme.

Crédit photographique © Jaime Romero

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 7/V/08. Blanca Li : Pœta en Nueva York. Un spectacle de Blanca Li, inspiré de l’œuvre de Federico Garcia Lorca. Musique originale live : Tao Gutiérrez. Avec Blanca Li, Andrès Marin, danse ; Carmen Linares, Rob-Li, chant.

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