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Paris, Salle Pleyel. 13-V-2008. Richard Wagner (1813-1883) : Faust, ouverture ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour violon et orchestre n°4 en ré majeur K218 ; Anton Bruckner (1824- 1896) : Symphonie n°3 en ré mineur « Wagner » version de 1877. Julia Fischer, violon. Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

C’est dans le sillage de Wagner que , directeur musical de l’ depuis 2005, a composé ce programme parisien. Avec un contrepoint étonnant, véritable centre de gravité de la soirée : un concerto pour violon de Mozart sous les doigts de . L’empreinte du maître se déploie d’abord avec l’ouverture de Faust (1855) dans laquelle l’orchestre peine à trouver ses marques. Techniquement, question de mise en place… premiers violons hétérogènes et autres décalages se résorbent peu à peu, avec la concentration et l’esprit insufflé par le chef. La discipline des nuances et le phrasé soutenu des cordes a permis de profiter d’une partition avide de contrastes.

Au cœur de cette architecture massive, bouillonnante, construite avec intelligence mais parsemé de petites imperfections, la présence de dans Mozart a ébloui par la simplicité de son approche et la précision de ses idées musicales. Sa technique d’archet éblouissante, économe, a contribué à la justesse du style et à la clarté de son discours, structuré et intuitif. Dans le deuxième mouvement, diaphane, le son devient lumière, murmure, superbe exemple de cette recherche de caractère omniprésente. L’orchestre, débarrassé de sa peau d’âne, nimbe la soliste d’une sonorité feutré et fait preuve de qualités chambristes remarquables. Le dernier mouvement, au tempo juste et enlevé, accentue la communion entre l’orchestre et la soliste dans cet esprit ludique qui semble caractériser, au même titre que la profondeur, la personnalité musicale de cette violoniste solaire.

Bruckner, en deuxième partie, semble bénéficier d’un intérêt tout particulier dans les récentes programmations françaises à Pleyel. Tous n’aspirent pas à une légitimité mais , élève de Celibidache et Bernstein, a eu son mot à dire. Œuvre dédiée à Wagner, la Symphonie n°3 (1873) incarne, avec ses différentes corrections, le doute du compositeur en ses propres capacités créatrices. Un doute tangible dans les changements abrupts d’atmosphères, conduites avec succès. Mais également dans l’attirance de la pesanteur (Finale) et la tentation de la légèreté (Scherzo) où de très belles réussites côtoient les décalages, du plus futile au plus impressionnant (Allegro final). Mais la conception (le plus important) était là. La technique demeure réparable. Ce que l’on doit en retenir ? Un large spectre de nuances, des cuivres dosés et des cordes policées et soutenues, une énergie qui lui fait honneur.

Crédit photographique : Julia Fischer © Tom Specht

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Paris, Salle Pleyel. 13-V-2008. Richard Wagner (1813-1883) : Faust, ouverture ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour violon et orchestre n°4 en ré majeur K218 ; Anton Bruckner (1824- 1896) : Symphonie n°3 en ré mineur « Wagner » version de 1877. Julia Fischer, violon. Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

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