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Chauffe Yundi, chauffe !

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Serge Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano n°2 en sol mineur op. 16 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol pour piano et orchestre. Yundi Li, piano ; Berliner Philharmoniker, direction : Seiji Ozawa. 1 Cd Deutsche Grammophon. 477 6593. Code barre : 28947 76593. Notice de présentation en allemand, anglais et français. Enregistré en mai 2007 à la philharmonie de Berlin. Durée : 51’14.

 

Alors que Lang Lang, l’étoile chinoise de la Deutsche Grammophon alterne inspiration et démonstration boursouflée et embourgeoisée de son talent, l’autre virtuose asiatique de la marque jaune poursuit un parcours discographique particulièrement probant. Après un premier essai concertant que nous avions salué dans ces colonnes, le jeune récidive et casse la baraque dans un Concerto pour piano n°2 de Prokofiev absolument magistral.

La puissance du toucher et la technique peu commune du pianiste font un véritable malheur dans cette œuvre de puncheur à ne pas mettre entre toutes les mains. Certes, le virtuose tape dur et déchaîne les décibels mais cette interprétation, très premier degré, convient parfaitement à ce chef-d’œuvre si difficile à transcender. Avec une palette de couleurs infinies et une capacité à faire ressortir les moindres nuances du discours, le musicien impose la meilleure version moderne la pièce. Les sceptiques pourront se précipiter sur un final tétanisant de l’andantino initial pour se convaincre de la haute voltige proposée par ce disque. L’accompagnement est tout aussi tellurique, c’est normal car il s’agit du meilleur orchestre du monde et d’un des plus grands chefs vivants ! , intégraliste des symphonies de Prokofiev avec ce même orchestre berlinois (DGG), déchaîne les dynamiques. La puissance de l’orchestre agît comme un véritable rouleau compresseur à la suite d’un pianiste possédé par cette partition hors normes.

Après avoir atteints de telles cimes, les oreilles s’attachent à un concerto en sol de haut niveau, mais un chouia en dessous du choc provoqué par le concerto de Prokofiev. Le pianiste se joue des pièges de la partition et sa capacité à habiter le long adagio central témoigne de son intelligence musicale. Ozawa, grand connaisseur de Ravel, sait faire miroiter un accompagnement orchestral qui s’appuie sur l’excellence des Berliner philharmoniker.

La prise de son massive mais précise rend grâce au toucher du pianiste et aux couleurs de l’orchestre. Incontestablement, ce disque s’impose comme un grand moment de musique à posséder d’urgence.

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Serge Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano n°2 en sol mineur op. 16 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol pour piano et orchestre. Yundi Li, piano ; Berliner Philharmoniker, direction : Seiji Ozawa. 1 Cd Deutsche Grammophon. 477 6593. Code barre : 28947 76593. Notice de présentation en allemand, anglais et français. Enregistré en mai 2007 à la philharmonie de Berlin. Durée : 51’14.

 
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