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Grenoble. MC2. 22-V-2008. Igor Stravinsky (1882-1971) : Trois pièces pour quatuor à cordes ; Concertino pour quatuor à cordes. Nikolaï Kapustin (né en 1937) : Quatuor à cordes op. 88. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes op. 130 ; Grande Fugue op. 133. Quatuor Artemis : Natalia Prishepenko, Gregor Sigl, violons ; Friedemann Weigle, alto ; Eckart Runge, violoncelle.

Que dire d’un programme qui associe Stravinsky, Kapustin – relativement peu connu – et Beethoven ? Hétérogénéité ou éclectisme ? Lorsque le joue un tel programme, on ne peut parler que d’éclectisme et de fougue partagée.

Le concert débute par les Trois pièces pour quatuor à cordes et le Concertino pour quatuor à cordes de Stravinsky, composés respectivement en 1914 et 1920. Le compositeur a peu écrit pour cette formation. On y retrouve l’explosion rythmique, parfois contrapuntique qui le caractérise, et une écriture qui utilise toutes les ressources des quatre instruments pour créer des tensions et élans aussi saisissants que dans ses œuvres pour orchestre. Le Quatuor Artemis joue debout, le violoncelliste étant juché sur un cube pour être à la même hauteur que ses comparses : l’énergie, la présence et la mobilité semblent être leurs priorités, et que ce soit visuellement ou auditivement on est conquis !

Connaissez-vous Nikolaï Kapustin ? Non ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls ! Conscient de cela, Eckart Runge a l’excellente idée de le présenter et de raconter les circonstances de leur rencontre avec ce compositeur. Cette introduction très sympathique ne peut que nous donner envie de le découvrir à notre tour. L’écriture de Kapustin consiste en une sorte de jazz grand public écrit. C’est très dynamique, joyeux, parfois virtuose, parfois très proche de la musique populaire – en particulier à travers l’emploi du violoncelle. Un moment de joie musicale partagée, qui donne envie de trouver d’autres œuvres de ce compositeur : pari réussi pour le Quatuor.

Après Stravinsky, parfois obscur pour les auditeurs habitués aux quatuors romantiques, Kapustin qui brouille les pistes de la musique dite savante, retour à un répertoire plus habituel : Beethoven. Mais là encore les Artemis choisissent un quatuor réputé pour sa richesse d’écriture, son esprit novateur et sa complexité. L’occasion pour les interprètes de nous offrir un feu d’artifice de sons et de sensations. Plutôt que, comme d’autres, tenter de masquer l’effervescence qui irradie cette œuvre en ne faisant ressortir que les thèmes et contrepoints, ils choisissent de souligner le jaillissement perpétuel de rythmes et de mélodies. A travers cette œuvre comme celles qui précèdent, le Quatuor Artemis nous convie à un voyage musical à travers diverses formes d’énergie et d’explosions musicales, et on embarque volontiers avec eux en souhaitant que cela ne s’arrête jamais.

Crédit photographique : © Thomas Rabsch

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Grenoble. MC2. 22-V-2008. Igor Stravinsky (1882-1971) : Trois pièces pour quatuor à cordes ; Concertino pour quatuor à cordes. Nikolaï Kapustin (né en 1937) : Quatuor à cordes op. 88. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes op. 130 ; Grande Fugue op. 133. Quatuor Artemis : Natalia Prishepenko, Gregor Sigl, violons ; Friedemann Weigle, alto ; Eckart Runge, violoncelle.

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