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Festival Brahms à Liège, bientôt la saison n°3 ?

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Liège. Salle Philharmonique. 25-V-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Zigeunerlieder pour chœur et piano ; Rhapsodie pour contralto, chœur d’homme et orchestre ; Symphonie n°4. Sara Mingardo, contralto ; Reinhard Kaufmann : piano ; Chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf, direction : Marieddy Rossetto ; Orchestre philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

Pour ce dernier concert du festival, le programme proposait au public de retrouver le chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf, déjà entendu lors du Requiem allemand. L’occasion pour cet ensemble de présenter quelques Zigeunerlieder, révélateurs des inspirations tziganes de . C’est qui dirigera lui-même le chœur accompagné par le seul piano. Ces courtes pièces sont enjouées et riches des sonorités propres au patrimoine musical de l’Europe centrale. On peut s’étonner que pour cet exercice, l’intégralité du chœur ait été mobilisé car si un tel déploiement pouvait se justifier dans le cadre du Requiem, il semble ici qu’un résultat plus net aurait pu être atteint en travaillant avec un nombre restreint de choristes. L’ensemble de Düsseldorf confirme en effet ses petites faiblesses en termes de réactivité ainsi que dans des tutti manquant parfois de rondeur.

La rhapsodie pour contralto, chœur d’homme et orchestre est une œuvre bouleversante, dans laquelle va s’affirmer comme une interprète d’exception. Un timbre ample et majestueux associé à une capacité à traduire les multiples variations des sentiments nous transporte ainsi à travers l’écriture de Brahms évoquant tantôt la tragédie pour ensuite mieux conter la consolation. L’intervention du chœur masculin est d’une juste retenue, à l’image de l’accompagnement de l’orchestre, envoûtant et subtil.

Mais l’apogée de ce festival restait encore venir, à travers une symphonie n°4, où l’orchestre se montre royal. Le premier mouvement est un petit bijou d’orgueil parfaitement maîtrisé. La rythmique parfaitement détaillée que parvient à obtenir Langrée et la réactivité dont font preuve les musiciens s’avèrent extrêmement jouissive. L’andante moderato cède la place à des couleurs plus sombres, dans un tableau dominé par les lamentations du cor auxquelles viennent répondre les bois. Le chef confirme se finesse dans les respirations qu’il fait prendre à l’orchestre apportant encore d’avantage de relief aux notes.

Le pétillant allegro giocoso prend des allures de machine de guerre sous le tempo endiablé adopté par l’orchestre. Si l’on doit admettre que l’orchestre a su faire face à ce déluge de notes sans s’égarer, le parti pris adopté par Langrée nous laisse tout de même un petit goût de frustration en bouche lorsque l’allégresse et la joie mises en scène par Brahms cèdent la place à une course à la vitesse. Langrée sait se montrer plus juste dans le dernier mouvement de la symphonie, où il sublime l’écriture de Brahms, maître dans l’art de la variation (ce mouvement compte pas moins de trente-cinq variations d’un motif inspiré de Bach).

L’OPL peut à juste-titre s’enorgueillir de ce nouveau succès artistique et public. Très applaudi au terme d’une performance intense, dont la modestie force le respect dispersera parmi ses musiciens le bouquet qui lui aura été offert. En deux saisons, le public a pu entendre les symphonies, trois concertos et le requiem de Brahms. Cette aventure terminée, on espère retrouver le héros préféré des liégeois, très prochainement, dans un autre parcours : Dvorák, Tchaïkovski, Schumann, Bruckner ?

Crédits photographiques © D. R.

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Liège. Salle Philharmonique. 25-V-2008. Johannes Brahms (1833-1897) : Zigeunerlieder pour chœur et piano ; Rhapsodie pour contralto, chœur d’homme et orchestre ; Symphonie n°4. Sara Mingardo, contralto ; Reinhard Kaufmann : piano ; Chœur du Städtischer Musikverein de Düsseldorf, direction : Marieddy Rossetto ; Orchestre philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

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