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Igor Stravinsky (1882-1971) : L’oiseau de feu (suite de 1919) ; Le sacre du printemps (version de 1913). Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Mariss Jansons. 1 CD RCO Live RCO 08002. Code barre : 5 425008 376295. Enregistré en juin 2006 (Sacre du printemps) et décembre 2007 (L’oiseau de feu) au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice de présentation en anglais, français, allemand et néerlandais. Durée : 55’27.

 

Considéré, à raison, comme l’un des plus grands orchestres du monde, le Concertgebouw d’Amsterdam n’a, pour l’instant, qu’assez peu pratiqué Le sacre du printemps au disque. Depuis le disque pionnier mais dépassé d’Eduard van Beinum (Decca-1948), l’orchestre n’a laissé que deux témoignages : Colin Davis (Philips-1977) et Georg Solti (Decca-1992). Ce qui peut apparaître assez limité par rapport à des orchestres multi-récidivistes comme le New-York Philharmonic, le London Symphony Orchestra, le Berliner Philharmoniker, et au regard de l’immense notoriété de la phalange. De plus, l’observateur curieux pourra constater que l’orchestre n’avait pas encore gravé la pièce sous la direction de ses directeurs musicaux successifs récents : Bernard Haitink a enregistré deux versions à Londres et Berlin (Philips) et Riccardo Chailly nous a laissé un témoignage avec l’orchestre de Cleveland (Decca). Quant à , il en a légué un témoignage assez oublié, enregistré lors de ses années à la philharmonie d’Oslo (EMI). Dès lors, connaissant le tempérament du chef letton et la qualité sidérante du Concertgebouw, ce couplage ne pouvait être que sulfureux. La prestation de l’orchestre atteint des niveaux démentiels avec des cordes d’une force, un mordant et une homogénéité exemplaires ce qui nous vaut une Danse sacrale où les cordes donnent carrément l’impression d’être un instrument de percussion qui fait écho aux timbales ! Jansons met en place un rouleau compresseur qui progressivement emporte tout sur son passage, mais sa direction ne verse jamais dans la brutalité, ni l’emportement et tout reste contrôlé par une battue attentive aux détails et à la fluidité des transitions. Techniquement, l’orchestre amstellodamois est évidement en parade avec des pupitres de cuivres et de vents capables de multiplier les nuances et les couleurs ! Avec le disque de Salonen à Los Angeles (DGG), cette version est assurément la référence des années 2000.

La suite de L’oiseau de feu était déjà au programme de l’un des derniers disques de Riccardo Chailly avec cet orchestre (Decca). Déjà la force de frappe batave faisait merveille dans cette musique qui permet à la phalange de faire valoir sa capacité d’écoute mutuelle, ses dynamiques et la virtuosité de ses solistes. Ce nouveau disque est un peu une répétition démonstrative : ainsi la Danse infernale du roi Kastcheï ne vire jamais au brouhaha organisé mais laisse audible toutes parties instrumentales des cordes aux trompettes en passant par les percussions. Dans les différents épisodes, Jansons joue de l’orchestre caressant certains phrasés ou déchaînant ses pupitres. Le seul regret porte sur le choix de la version de 1919, on aurait aimé au pire la suite de 1945, deux fois plus longue, ou, au mieux, la version intégrale du ballet.

Mais, cet album, est un grand moment de musique et s’impose comme le meilleur disque actuel du tandem Jansons/Concertgebouw pour leur label auto-produit.

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Igor Stravinsky (1882-1971) : L’oiseau de feu (suite de 1919) ; Le sacre du printemps (version de 1913). Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Mariss Jansons. 1 CD RCO Live RCO 08002. Code barre : 5 425008 376295. Enregistré en juin 2006 (Sacre du printemps) et décembre 2007 (L’oiseau de feu) au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice de présentation en anglais, français, allemand et néerlandais. Durée : 55’27.

 
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