Six voix à pleine voix

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Saint-Cloud, Centre culturel des Trois Pierrots. 05-VI-2008. Madrigaux anglais et chansons françaises de la Renaissance ; György Ligeti (1923-2006) : Nonsense madrigals ; Francis Poulenc (1899-1963) : Chansons populaires françaises ; « Simple Gifts ». The King’s Singers : David Hurley & Robin Tyson, contre-ténors ; Paul Phœnix, ténor ; Philip Lawson & Christopher Gabittas, barytons ; Stephen Connolly, basse.

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L’évènement est suffisamment rare : les en France ! Alors que Berlin leur ouvre la Philharmonie, que Londres leur offre le Royal Albert Hall, c’est sur une petite scène de la banlieue parisienne qu’ils doivent se produire. Bienheureux les clodoaldiens (habitants de Saint-Cloud) et tant pis pour les autres.

A l’inverse de leur précédent concert français en la cathédrale d’Auch fait de musique sacrée, cette performance dans un théâtre s’est faite dans un répertoire exclusivement profane français et britannique. Le répertoire traditionnel élisabéthain ouvrait cette soirée avec des madrigals signés Wilbye, Fry Tomkins, un domaine dans lequel cet ensemble à six voix excelle. Infatigables, à l’intonation sans faille, c’est avec une apparente décontraction et un flegme tout britannique qu’ils ont enchaîné les redoutables Nonsense madrigals de , écrits spécialement pour eux dans les années 90. Là aussi tout y est, humour, justesse, vocalité, l’effort demandé par cette difficile partition n’apparaît jamais. Les King’s Singers se jouent des pièges tendus par le compositeur hongrois. L’œuvre en elle-même est dans l’esprit de l’absurde typique de l’autre coté de la Manche, sur des textes d’auteurs divers (dont Lewis Carroll).

Fin de première partie et début de la seconde sur des chansons françaises de la Renaissance (là aussi de grands classiques : Passereau, Certon, …) et sur les Chansons populaires françaises de . Si la virtuosité des King’s Singers trouve son apothéose dans La Guerre de Clément Janequin, la gouaille qu’exige ce répertoire, l’exagération du grossier sans jamais tomber dans le vulgaire ne convient pas à notre sextuor vocal qui reste toujours très distant. Les Tisserands harmonisés par Poulenc ne sont finalement pas tant fêtards que ça. Qu’importe, la beauté du son l’emporte à défaut de la conviction. C’est dans « leur » répertoire typiquement british que décidément ces six là donnent le meilleur d’eux-mêmes. Après la Renaissance, place au siècle dernier avec des extraits de Simple gifts, leur dernier album fait d’harmonisations de chansons pops et d’extraits de comédies musicales. Toujours autant infatigables, après deux heures de prestations, pas moins de trois rappels ont comblé un public heureux et insatiable.

Crédit photographique © DR

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