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Le doux réconfort offert par Dvořák aux plus malheureux.

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Antonín Dvořák (1841-1904) ; Stabat Mater version originale de 1876 ; Alexandra Coku, soprano ; Renata Pokupic, alto ; Pavol Breslik, ténor ; Markus Butter, basse ; Brigitte Engerer, piano. Chœur de chambre Accentus, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Naïve V5091. Code barre : 8 22186 05091 0 ; Enregistrement de juillet 2007. Notes de présentation en français et anglais. Durée : 60’

 

Cette version du Stabat Mater d’ n’est en rien une ébauche, ou un travail préparatoire à la version orchestrale crée en 1881. Rien ne permet de dire que la version avec piano de 1876 ait été donnée du vivant du compositeur. Pourtant il s’agit bien d’une version pensée avec et pour le piano. La qualité de l’écriture (l’introduction du premier morceau) et le détail des indications de tempo et de nuances de la partie de piano suffiraient à la prouver. Un patient travail musicologique rend la chose certaine. Dvořák qui venait de perdre sa fille Josefa en 1875 entreprend la composition d’un Stabat Mater d’importantes dimensions avec accompagnement de piano. La perte de ses deux autres enfants l’année suivante lui fait reprendre sa composition en l’orchestrant et en la développant. Il s’agit donc de deux œuvres différentes car les proportions du premier et dernier mouvement de la version de 1876 équilibrent tout à fait différemment l’ensemble. Et le rajout d’une introduction forte et énergique avant le dernier mouvement dans la version orchestrale change complètement l’ambiance du final de l’œuvre. Il naît au contraire de l’accompagnement au piano une intimité qui correspond bien à l’intense émotion, pourtant tout en retenue dégagée par cette superbe partition. Ce sont les passages solistes qui deviennent particulièrement lisibles et délicats à la façon de lieder. L’ampleur des parties chorales est très séduisante et fait penser à une conception baroque à la manière d’une cantate avec d’amples chorales.

L’interprétation est somptueuse et la complicité entre , et l’ensemble est proche de l’idéal. Tout est ici délicatesse et recherche d’harmonie. Les équilibrages très subtils entre le piano et les solistes ou au contraire d’amples masses chorales sont parfaitement réussis. Les solistes sont tous excellents et très engagés. La splendeur d’homogénéité et de précision du chœur fait une nouvelle fois merveille. Le juste équilibre entre l’opéra, l’oratorio, l’intimité des lieder, ou le récitatif est obtenu par dont la direction est très souple et ferme à la fois.

Voici une interprétation admirable de la version première d’une œuvre inspirée qui diffuse un réconfort rare. Cet enregistrement est à connaître absolument pour l’œuvre elle-même, mais la comparaison avec la version orchestrale est également passionnante. Une très belle prise de son rend l’écoute très agréable tandis que la pochette cartonnée contient un texte passionnant et la traduction du texte.

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Antonín Dvořák (1841-1904) ; Stabat Mater version originale de 1876 ; Alexandra Coku, soprano ; Renata Pokupic, alto ; Pavol Breslik, ténor ; Markus Butter, basse ; Brigitte Engerer, piano. Chœur de chambre Accentus, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Naïve V5091. Code barre : 8 22186 05091 0 ; Enregistrement de juillet 2007. Notes de présentation en français et anglais. Durée : 60’

 
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