Nicolaï Malko, un chef d’orchestre à ne pas oublier

À emporter, CD, Musique symphonique

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Casse-Noisette, suite de ballet op. 71a. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : L’Amour des trois Oranges, suite d’orchestre op. 33a ; Symphonies n°1 « Classique » op. 25 et n°7 op. 131. Philharmonia Orchestra, direction : Nicolaï Malko. 1 CD EMI Classics for Pleasure 3822292. Code barre : 094638222927. Enregistré en février 1955 au Kingsway Hall de Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 80’29

 

Il n’y a pas si longtemps encore que le grand chef russe naturalisé américain (1883-1961) était scandaleusement négligé par le CD, jusqu’à ce que le label britannique Testament lui consacre un brillant CD de compilation d’œuvres russes, notamment de Borodine, où il excellait (SBT1062), et qu’EMI – IMG Artists lui rendre hommage en lui réservant un superbe album de deux disques dans la série « Great Conductors of the 20th Century » hélas supprimée. Aussi réjouissons-nous de voir réapparaître des enregistrements légendaires de musique russe dirigée par Malko en ce généreux CD de la série super-économique britannique « Classics for Pleasure » d’EMI.

a étudié la composition avec Rimski-Korsakov, Liadov et Glazounov, ainsi que la direction d’orchestre avec Nicolaï Tcherepnine. Il devient directeur de la Philharmonie de Leningrad de 1926 à 1929, et se fait le champion de Chostakovitch dont il dirige en première audition les Symphonies n°1 en 1926 et n°2 en 1927. Émigré ensuite au Danemark où il laissera un souvenir encore vivace par un concours de direction d’orchestre qui porte son nom, il prend en main l’Orchestre Symphonique de la Radio de Copenhague (1929-32). Il se fixe ensuite à Chicago où il dirige l’Orchestre Symphonique de cette ville, puis celui de Boston. Il enregistre ensuite au début des années 50 avec le , avant de s’installer finalement en Australie où il prend en charge l’Orchestre Symphonique de Sydney (1956-61).

Bien qu’EMI ne permit pas toujours à Nicolaï Malko d’enregistrer ce qu’il désirait, l’audition de ces enregistrements, captés avec un de légende, montre à quel point Malko pouvait faire sonner sa phalange londonienne comme la Philharmonie de Leningrad, avec à la fois précision, mordant et chaleur, magnifiée par une prise de son remarquable pour l’époque. Le programme est ainsi consacré entièrement à des compositions de Tchaïkovski (la traditionnelle Suite de ballet Casse-Noisette) et Prokofiev dont la Suite d’orchestre L’Amour des trois Oranges, (sans hélas le n°6 La Fuite, curieusement non enregistrée par Malko) la Symphonie n°1 « Classique », et plus particulièrement la Symphonie n°7, sa dernière, œuvre automnale dans laquelle le compositeur s’est laissé emporté par un lyrisme juvénile exaltant, sont probablement parmi les plus satisfaisantes au disque, réjouissant à la fois l’esprit et le cœur, et dévoilant tour à tour leur farouche énergie et leur tendresse en des paysages sonores typiquement russes. Par la pureté d’un jeu parfait, on sent tout le plaisir qu’ont les instrumentistes à défendre ces merveilleuses partitions qui, ne l’oublions pas, étaient en ce qui concerne la Symphonie n°7, une première au microsillon en Europe occidentale. Précisons à ce sujet que pour les ultimes mesures de cette Symphonie, Nicolaï Malko adopte la fin alternative « optimiste », légèrement plus élaborée.

Pour la petite histoire – ce qui ne gâte rien – ces enregistrements, malgré leur âge, furent les tout premiers publiés en stéréophonie (excellente !) par EMI. Ce disque est donc vraiment enthousiasmant, et il est à souhaiter que les mélomanes lui réserve un accueil particulièrement chaleureux : pour nombre d’entre eux, il réveillera sans aucun doute de nombreux souvenirs.

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