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Decreation de William Forsythe : Vociférations

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 19/VI/08. The Forsythe Company : Decreation (2003). Chorégraphie : William Forsythe. D’après un essai d’Anne Carson. Mise en scène : William Forsythe. Lumière : Jan Walther, William Forsythe. Musique : David Morrow. Costumes : Claudia Hill. Dramaturgie : Rebecca Groves. Design vidéo : Philip Bussman. Design sonore : Niels Lanz, Bernhard Klein. Caméra : Ursula Maurer. Avec les danseurs de The Forsythe Company.

Depuis son départ du Ballet de Francfort, le chorégraphe américain poursuit avec ses danseurs des expérimentations spectaculaires de plus en plus déroutantes, comme en témoigne « Decreation », créé en 2003 sur un livret d’Anne Carson, et présenté à Paris pour la première fois.

Dès le début du spectacle, marqué par des vociférations et des gesticulations, on perçoit à grand peine le sens des paroles et des déplacements des (excellents) danseurs de la Forsythe Company.

Patiemment déstructurée, une scène est inlassablement répétée par la comédienne Dana Caspersen et ses acolytes. Sur fond de vocalises et d’images vidéo captées en direct, les danseurs adoptent un comportement qui se rapproche de l’autisme, le tout rendant le spectateur très mal à l’aise. « This is irritating and I suppose it is intentional » (c’est agaçant, mais j’imagine que cela est voulu) répètent en boucle les interprètes dont les voix déformées, les mouvements désordonnés et les arrêts intempestifs perturbent une perception sereine du spectacle. propose en effet ici une expérimentation extrême où la déstabilisation du spectateur prime sur la recherche du sens et de la raison.

Peu à peu cependant, les morceaux du puzzle construit par le chorégraphe s’assemblent. Dans le tableau final, les danseurs entourent une vaste table ronde couverte de cendres. Au centre se tient l’élue, la figure de la sacrifiée, rejoignant par cette image une large tradition chorégraphique allant du Sacre du printemps de Nijinsky au Boléro de Béjart. Une image apaisée et apaisante qui n’évite pas à la compagnie d’être largement huée au tomber de rideau le soir de la première.

Crédit photographique : © Dieter Schwer

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 19/VI/08. The Forsythe Company : Decreation (2003). Chorégraphie : William Forsythe. D’après un essai d’Anne Carson. Mise en scène : William Forsythe. Lumière : Jan Walther, William Forsythe. Musique : David Morrow. Costumes : Claudia Hill. Dramaturgie : Rebecca Groves. Design vidéo : Philip Bussman. Design sonore : Niels Lanz, Bernhard Klein. Caméra : Ursula Maurer. Avec les danseurs de The Forsythe Company.

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