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Le Lac des Cygnes au Mariinski : une référence

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Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Le Lac des cygnes. Chorégraphie : Lev Ivanov, Konstantin Sergeyev, d’après Marius Petipa ; Mise en scène : Simon Virsaladze. Costumes : Galina Solovyova. Avec : Ulyana Lopatkina, Odette-Odile ; Danila Korsuntsev, le Prince Siegfried ; Ilya Kuznetsov, Rothbart. Ballet du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, Direction musicale : Valery Gergiev. Réalisation : Ross MacGibbon. 1 DVD Decca 074 320162. Enregistré au Théâtre Mariinski en juin 2006. Livret en anglais, français, allemand. Toutes zones. Format : 16.9, PAL/NTSC, son : 5.1 Durée : 128 minutes.

 

Cette chronique de DVD sera, une fois n’est pas coutume, relativement courte. C’est que, une fois n’est pas coutume, les mots seront bien en deçà de ce que cette simple galette en plastique recèle. Il ne s’agit pas d’une énième version du Lac des cygnes, dont vous pourrez trouver dans nos pages nombre de comptes-rendus. Là, le Kirov danse le Lac des Cygnes, qui est le ballet créé pour ce corps de ballet, dans le théâtre historique qui a vu la naissance du ballet classique. Cela aurait pu faire perdre toute valeur au témoignage, risquant de poser là une référence sur laquelle il n’y rien à redire. Or, là où la certitude est apportée par une histoire artistique imposante et intimidante, s’écaille le mythe de la perfection glacée pour s’épanouir sur la recherche d’un au-delà que seuls qui sont convaincus que cet autre monde existe peuvent le voir.

C’est ce que nous donne Mlle Lopatkina. Il ne sera pas très honnête que nous déflorions toute l’étendue du talent de la ballerine ; elle touche à l’âme comme personne, et surtout, sur un rôle où nous croyions avoir tout exploré. Elle s’impose comme une référence ; non pas de manière péremptoire et évinçant de fait toutes les titulaires du rôle, mais bien en donnant une vision toute personnelle et toute plausible que ce que l’on voit durant ces deux heures est de l’ordre du mystique et de l’intouchable.

En ce qui concerne le reste, combien aurait-il pu être de circonstance, il s’en révèle tout aussi indispensable : la direction de Gergiev est l’écrin dans lequel l’évolution de la danse est des plus naturelles ; elle suit les danseurs sans les presser et les met en valeur jusque dans les difficultés les plus retranchées.

est très juste dans son interprétation du Prince que l’on a l’habitude, de ce côté-ci du monde, de trouver trop recherché et trop psychologisant (travers cher à Noureev, mais pas seulement). Enfin, l’on remarquera la jeunesse éclatante des danseurs du Pas de Trois, réunissant aussi bien les torts propres au Kirov (et l’un des pires est bien cette hyperlaxité exaspérante, même chez les garçons…) que ses qualités intrinsèques (les bras sont stylisés, le port de tête altier…).

On terminera ce panégyrique par l’évocation de la suprématie du corps de ballet. Là aussi, on ne pourra tarir d’éloges devant un travail d’une précision extrême, et d’un engagement constant des artistes qui font partie d’un des plus grands corps de ballet du monde.

On ne peut résumer autrement cet ouvrage majeur donné par une troupe magistrale, dans une réalisation de grand calibre. Il faut, assurément, avoir vu ce Lac, car, outre qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre du ballet académique, l’émotion nous étreint dès les premières secondes : une certaine Vérité peut surgir, même avec un simple bout de plastique …

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