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La guerre d’Elisabeth Jacquet pour la conquête de l’opéra…

À emporter, CD, Opéra

Elisabeth Jacquet de la Guerre (1665-1729) : Cephale et Procris. Raphaële Kennedy, Procris ; Achim Schulz, Céphale ; Camilla De Falleiro, Dorine ; Lisandro Abadie, Arcas ; Emil Rovner, Borée / le Désespoir ; Anna Jesus Sanchez, la prêtresse de Minerve / Iphis ; Mariana Flore, l’Aurore ; Gry Elisabeth Knudsen, la Volupté ; Kazuko Nakano, un Thrace ; Alex Potte, la Rage ; Daniel Issa Gonçalves, la Jalousie ; Erich Bieri, Le Roi. Musica Fiorita. Clavecin, orgue et direction : Daniela Dolci. 2 CD ORF 3033. Code barre : 9 004629 314051. Enregistré à Vienne, Autriche, 2008. Notice et livrets trilingues (français, anglais, allemand). Durée : 56’30’’ et 57’55’’.

 

reste sans aucun doute la musicienne la plus célèbre du siècle de Louis XIV. Aujourd’hui, elle doit sa notoriété principalement à ses œuvres pour clavecin. D’ailleurs, sa première publication date de 1687 avec un Premier Livre de Pièces de Clavessin. Quelques années après la mort de Lully, grand compositeur d’opéras s’il en est, Elisabeth se lance dans l’écriture de son Cephale et Procris (1694), tragédie lyrique en un prologue et 5 actes.

C’est le premier enregistrement mondial de cette œuvre singulière que nous offre ici l’ensemble sous la direction énergique de qui tient également le clavecin et l’orgue. Il est vrai que les instruments font ici merveille, que ce soit la basse continue, les cordes, les flûtes, hautbois, les bassons, la guitare baroque, les percussions et la trompette à la présence très discrète… Et ce, que ce soit dans les passages purement instrumentaux empreints de danses ou dans les accompagnements des voix raffinées et expressives, surtout les voix féminines d’ailleurs. Certaines voix d’hommes ont parfois un peu de mal à atteindre les notes les plus aigües.

Comme le veut l’usage, dans le prologue, hommage est rendu au souverain, donc à Louis XIV. Ici, ce sont les divinités de la nature. L’acte I met en scène Procris, fille du roi, sur la place à Athènes. Elle aime Cephale, vaillant guerrier qu’elle espère épouser. Malheureusement, la prêtresse de Minerve annonce la volonté de la déesse : Procris doit être unie au prince des Thraces, Borée. La jeune fille est désespérée. Elle partage son désespoir avec son amant à l’acte II, pendant que Borée, très heureux, donne une fête. Aurore, amoureuse de Cephale et instigatrice de cette situation tragique, intervient et le convainc que Procris l’a trompé. A l’acte III, Cephale, désespéré accepte de rencontrer la déesse de la volupté avec sa suite, qui tentent de l’attirer, sans succès. Il reste obsédé par Procris. C’est alors qu’Aurore lui rappelle l’infidélité de la jeune femme et lui fait des avances qu’il repousse. Elle finit par le maudire. A l’acte IV, les personnages allégoriques se succèdent : Aurore fait en effet appel à la Jalousie, à la Rage et au Désespoir afin de jeter le trouble dans l’esprit de Procris qui s’évanouit. A son réveil, elle repousse Procris, persuadé alors de son infidélité. L’acte V met en scène Procris qui accepte d’épouser Borée afin de se venger de Cephale. C’est alors qu’Aurore se décide à lui dévoiler la vérité. Malheureusement, les deux prétendants de Procris se battent en duel. Décidée à les séparer, la jeune fille s’interpose et reçoit un coup mortel porté par Cephale qui décide alors de la suivre aux enfers…

De ces différents épisodes et atmosphères, et malgré les maladresses du livret de de Vancy, la musique arrive à atteindre des sommets d’expressivité. En effet, comme cela a déjà été souligné, les instruments remplissent vraiment leur rôle à la perfection, avec les principaux chanteurs (Procris), (Céphale), dont on ne peut regretter ponctuellement que la difficulté qu’ils rencontrent pour rendre le texte intelligible, contrairement à (Borée). La fusion entre instruments et voix est cependant un vrai régal pour l’auditeur, et ce, grâce à une articulation précise et soignée, un dynamisme indéniable, une élégance avérée, des nuances équilibrées, etc. Un très bel enregistrement.

Espérons que, contrairement à sa création, l’opéra d’Elisabeth-Claude Jacquet de la Guerre obtienne aujourd’hui le succès tant mérité…

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