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Ravenne Festival : la splendeur retrouvée de l’antique capitale

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Dans la petite ville d’Emilie Romagne dont les éblouissants trésors byzantins rappellent le statut de capitale d’un Empire romain déclinant, se déroule, en ce bel été 2008, une manifestation musicale dont les séances raviront le mélomane dans le même temps qu’elles reposeront le promeneur de ses enchanteresses, mais épuisantes, visites : le Ravenna Festival.

Placée, du 13 juin au 18 juillet, sous le signe de la plus parfaite diversité, cette fête sonore enchaîne allègrement représentations lyriques et concerts symphoniques, musique de chambre et tours de chant… tous spectacles qui donnent aux douces soirées locales une vitalité rythmique dont peu de manifestations pourraient se targuer ailleurs. Ajoutez-y le cadre séduisant du si joli Teatro Alighieri, celui, bien plus imposant, de la basilique San Vitale aux hiératiques processions de mosaïques impériales, celui enfin, tout de raffinement nostalgique, du Palazzo San Giacomo et vous aurez quelque idée du ravissement qui saisit l’esprit lorsque l’œil parcourt le programme. Un programme aussi divers que les lieux de son déroulement : ici, La Traviata, dont le voisinage avec Cats ou avec le ballet de Tokyo ne surprend plus personne, là Salomé, dont le public ne boudera pas Massive Attack ! Etc. On aurait presque scrupule à ajouter, crainte de soulever l’incrédulité, que certains spectacles sont même gratuits !

Notre choix a porté, dans un premier temps, sur les concerts d’ (en remplacement de notre Juliette Greco nationale, souffrante) et le concert de l’ qui a fait étape à Ravenne, dans le cadre de sa tournée des symphonies de Beethoven en Italie et en Espagne.

a tout pour dérouter : son répertoire, qui va de Kurt Weil à Édith Piaf en passant par Bertolt Brecht, son timbre d’une grande beauté, la variété de son registre, son balancement perpétuel du théâtre à la poésie et de la poésie au théâtre… Où la musique commence-t-elle, où s’arrête-t-elle ? Nul ne le sait vraiment, tant la substance mélodique a parfois tendance à se dissoudre au gré de cette émouvante cérémonie musicale, dont l’auditeur, plus encore fasciné par la beauté de l’officiante que par les inflexions de sa voix, subit la captivante magie.

Avec l’, on table sur le foncier : du Beethoven garanti pur germain, sans trop de laisser-aller romantique, surtout dans l’ouverture de Fidelio, avec des appuis formels tellement bien marqués qu’on ne se rappelle pas sans nostalgie le temps où l’esprit beethovénien soufflait en tempête, sous les baguettes, pourtant au moins aussi précises, d’un Svletanov ou d’un Karajan. Que dire des Symphonies n°5 et 6 (lire la chronique parisienne de ces œuvres par les mêmes artistes) sinon que personne ne leur échappe, qu’il n’est au pouvoir d’aucun mélomane au monde d’échapper à la tentation d’en recréer toutes les hypostases à son propre usage ? Quand un orchestre du niveau de celui-là en ranime toutes les lignes, la joie la plus simple, donc la plus profonde, est au rendez-vous. Témoin l’enthousiasme du public, manifesté par de très longs applaudissements.

Crédit photographique : Basilique San Vitale © James Martin; Ute Lemper © Luc Jennepin

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