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Eugene Ormandy, « Un son qu’on voudrait caresser »

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Œuvres d’Ottorino Respighi, Modeste Moussorgski, Nicolaï Rimski-Korsakov, Serge Rachmaninov, Piotr Illich Tchaikovski, Béla Bartók, Felix Mendelssohn-Bartholdy, Dimitri Chostakovitch, Jean-Sébastien Bach, Johann Christian Bach, Wilhelm Friedemann Bach, Carl Philipp Emanuel Bach, Alexandre Borodine, Pietro Mascagni, Samuel Barber, Jean Sibelius, Edvard Grieg, Jules Massenet, Ralph Vaughan Williams. Isaac Stern, violon ; Mstislav Rostropovitch, violoncelle ; Philadelphia Orchestra, direction : Eugene Ormandy. 10 CD Sony BMG « The Original Jacket Collection ». 88697-27987-21. Enregistré entre 1957 et 1968. ADD. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 656’38’’

 

«Un son qu’on voudrait caresser», c’est ainsi que Virgil Thomson, célèbre critique musical du New York Herald Tribune, décrivait l’Orchestre de Philadelphie. A l’écoute de cette anthologie, on est effectivement ébloui par ce qu’on pourrait aussi décrire comme un éclat doré. Le mœlleux tapis des cordes est particulièrement enivrant dans le disque intitulé «The romantic Philadelphia strings», qui contient, au milieu de pièces mineures, une magnifique Fantaisie sur un thème de Tallis de Vaughan Williams. Cependant, les vents ne chantent pas moins voluptueusement dans Schéhérazade. Dans Chostakovitch et Bartók, la même luxuriance romantique étonne et séduit, même si l’on peut trouver la texture trop compacte pour cette musique.

Devant une telle splendeur, on en viendrait presque à tenir pour quantité négligeable la direction d’, qui semble se contenter de mener d’une main sûre cette luxueuse machine. Ce serait une injustice, tant l’orchestre et son chef sont indissociables : Ormandy le dirigea pendant plus de quarante ans (de 1936 à 1980), assurant de nombreuses créations et réalisant des centaines d’enregistrements qui appartiennent à l’âge d’or du microsillon. Successeur de Stokowski, il sut préserver l’identité sonore de l’orchestre en veillant personnellement à la qualité des instrumentistes et des instruments.

Certes, aucune de ces interprétations n’est marquée du sceau du génie, mais l’art des transitions, l’ampleur du phrasé et l’absence d’affectation sont des qualités que ne possèdent pas toujours les chefs à la personnalité plus affirmée. On recommande ainsi particulièrement le premier enregistrement mondial du Concerto pour violoncelle n° 1 de Chostakovitch, la somptueuse Symphonie n° 2 de Rachmaninov (dans une version abrégée) ou encore un joyau méconnu, les Deux images de Bartók. En définitive, seuls les disques consacrés à la famille Bach, des transcriptions franchement sirupeuses et privées de l’éloquence de Stokowski, sont à déconseiller au public non averti.

Reste l’importante question du projet éditorial. Beaucoup de mélomanes possèdent sans doute déjà ces enregistrements, qui n’ont jamais quitté les catalogues et ont notamment alimenté la série Essential Classics. Comme l’indique le titre du coffret, «The Original Jacket Collection», Sony parie sur l’intérêt esthétique de l’objet. Toutefois, si l’on y regarde de plus près, le principe de cette collection semble avoir été appliqué en dépit du bon sens : dans le souci louable de ne pas léser l’acheteur, les CD rassemblent le contenu de plusieurs microsillons. Or, au lieu de reproduire chaque pochette de microsillon dans le livret, les producteurs de Sony ont eu l’idée de les miniaturiser pour envelopper chaque disque, non sans les retoucher pour faire apparaître toutes les œuvres qui sont contenues sur le CD. Bref, ces jaquettes n’ont plus rien d’original, et on touche à l’absurde quand on constate que, l’envers des pochettes ayant été reproduit sans montage, on y trouve d’autres œuvres que sur l’endroit, et même parfois des œuvres qui ne figurent pas sur le CD ! Ajoutons que l’auditeur en est réduit à feuilleter les quelques soixante pages du livret pour accéder au contenu des plages de chaque disque… Néanmoins ce coffret se distingue par sa haute tenue musicale et fera certainement un beau cadeau pour les amateurs d’orchestre.

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Œuvres d’Ottorino Respighi, Modeste Moussorgski, Nicolaï Rimski-Korsakov, Serge Rachmaninov, Piotr Illich Tchaikovski, Béla Bartók, Felix Mendelssohn-Bartholdy, Dimitri Chostakovitch, Jean-Sébastien Bach, Johann Christian Bach, Wilhelm Friedemann Bach, Carl Philipp Emanuel Bach, Alexandre Borodine, Pietro Mascagni, Samuel Barber, Jean Sibelius, Edvard Grieg, Jules Massenet, Ralph Vaughan Williams. Isaac Stern, violon ; Mstislav Rostropovitch, violoncelle ; Philadelphia Orchestra, direction : Eugene Ormandy. 10 CD Sony BMG « The Original Jacket Collection ». 88697-27987-21. Enregistré entre 1957 et 1968. ADD. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 656’38’’

 
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