Banniere-ClefsResmu-ok

Dove sono i bei momenti…

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Salle Pleyel. 25-IX-2008. Joseph Haydn (1721-1809) : Symphonie n°1 en ré majeur ; Symphonie n°104 en ré majeur « Londres » ; Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade suite symphonique op. 35. Orchestre de Paris, direction : Rafael Frühbeck de Burgos.

Pour que la rencontre de deux grandes entités fasse des étincelles, il faut que toutes deux soient à leur faîte. Si l’, n’a pas eu à rougir de sa performance ce soir sous la baguette de (ancien directeur de l’Orchestre de Vienne et du Deutsche Oper de Berlin, aujourd’hui à Dresde), il n’a pas apporté à ce rendez-vous sa meilleure forme. Le timing n’était pas des plus parfaits.

Deux symphonies de Haydn, celles qui, dans la même tonalité, encadrent la vie du compositeur, la première et la dernière, ont permis de découvrir, tout d’abord, un orchestre restreint à la sonorité puissante, ronde et charnue. Pourtant, malgré ses qualités techniques indiscutables, les impulsions expressives du chef n’ont pas recueilli tous les effets désirés. Violoncelles et altos ont su donner une sonorité plus légère, aristocrate, face à des violons, moins réactifs, qui ont cruellement manqué de mordant. Une unité stylistique dépareillée qui a renforcé un sentiment de dispersion.

Pour la dernière symphonie, un effectif plus étoffé a peut-être nuit à l’œuvre. Il a manqué à cette version du relief, une agilité, une effervescence, des violons plus stylisés pour être réellement en présence de Haydn et en ressentir l’unité. A noter toutefois de très belles interventions des cors et des bois, qui ont suggéré un raffinement auquel les cordes n’ont pas été assez sensibles.

Cette excellence individuelle a été un atout majeur dans Shéhérazade. A défaut de se laisser ravir par les climats songeurs ou passionnés appelés par le chef qui n’ont pas trouvé les aboutissements espérés, nous ont séduit les brillantes interventions des solistes. La ligne virevoltante du violon (Philipe Aïche), la respiration majestueuse du violoncelle (Eric Picard), l’énergie impétueuse du basson (Giorgio Mandolesi), le raffinement de la clarinette (), … C’est à l’engagement personnel des solistes que l’influence du chef est devenue évidente. Une dépense d’énergie à l’opposé d’une inertie expressive collective qui a percé dans Shéhérazade comme dans Haydn.

C’est un bombardier massif qui a pris la place du fier esquif de Sindbad. a tenté un travail sur le détail avec un orchestre qui est apparu aussi difficile à manœuvrer qu’un paquebot. Le fruit de cette rencontre n’est pas à la mesure du potentiel de cet ensemble qui, outre les solistes, a manqué ce soir de disponibilité.

Crédit photographique : Rafael Frühbeck de Burgos © DR

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.